Il n'y aura pas de majorité PS-PTB à la ville de Liège

Il n'y aura pas de majorité PS-PTB à la ville de Liège
Il n'y aura pas de majorité PS-PTB à la ville de Liège - © SOPHIE KIP - BELGA

C'est par communiqué que le PS liégeois annonce la fin des négociations avec le PTB. 

Willy Demeyer, l'actuel et le futur bourgmestre de la cité ardente indique que "PS et PTB convergent sur un certain nombre d’objectifs à atteindre, mais les propositions du PTB manquent de précision et risquent de provoquer un grave déséquilibre du budget communal et un retour à la spirale de l’endettement." L'ancien député liste les priorités présentées par le parti marxiste lors des discussions qui ont débuté le 16 octobre : réduction de moitié du salaire du bourgmestre, construction de logements sociaux, grille des loyers, installation d'un "bureau de la transparence et de l'éthique", bus gratuits, etc. 

Si le PS dit partager "les grands objectifs du PTB et a clairement affirmé sa volonté de mener, avec un nouveau partenaire, des politiques encore plus ambitieuses dans le domaine social" le parti socialiste liégeois fait le constat que le PTB "n’a pas été en mesure de démontrer ni la faisabilité ni le financement de ses propositions. Ses solutions étant le recours à l’endettement, la taxation massive et l’insurrection vis-à-vis des autres niveaux de pouvoir."

Le PS se justifie, mesure par mesure

Si, à Molenbeek ou Charleroi, le PS n'a guère donné de détails chiffrés sur les mesures proposées par le PTB, le PS liégeois, lui, liste chacune des mesures mises sur la table par le parti poussé par Raoul Hedebouw en cité ardente et explique leur très difficile mise en pratique : 377 millions sur 20 ans pour le logement social ("une telle décision serait extrêmement dangereuse et pourrait conduire à des licenciements massifs, comme dans la période sombre des années 1980" selon le PS), 44 millions pour les transports en commun gratuits, à la seule charge des Liégeois (alors que l'arrondissement est concerné), concernant le logement social à l'Ecoquartier de Coronmeuse, le PS souligne que le PTB n'a pas proposé de piste juridique pour rouvrir le dossier.

En conclusion, le PS est très dur envers le PTB : "la délégation PS constate que le PTB n’a pas fait preuve de la précision nécessaire au pilotage de la Métropole wallonne. Le PTB n’a finalement pas quitté sa posture de campagne électorale pour adopter une attitude responsable et se présenter en partenaire solide au sein du Collège communal. Le PS n’entend pas faire courir le risque de la spirale de l’endettement ni de la surtaxation massive des Liégeoises et des Liégeois."

Seule consolation, pour les marxistes : "le PS entend bien faire figurer dans l’accord de majorité des propositions de son programme qui ont été discutées avec le PTB, notamment en matière de fiscalité sur les logements inoccupés, en matière d’imposition d’un pourcentage de logements accessibles dans les futurs projets immobiliers de grande ampleur, ou encore en matière d’exigences vis-à-vis de l’OTW (opérateur de transport de Wallonie) quant à l’offre de bus, sa qualité et ses tarifs." Le PS négocie avec les autres partis.

Il reste 12 jours au PS de Willy Demeyer pour mettre sur pied un pacte de majorité.

Le PTB regrette "la rupture unilatérale des négociations"

Toujours par communiqué, le PTB a réagi à la fin des discussions PS-PTB : "Les priorités du PTB avaient pour but de rompre avec les politiques du passé qui ne répondaient pas aux urgences sociales, environnementales, éthiques et démocratiques. Ce signal n’a malheureusement pas été entendu." Concernant le financement de certaines mesures, le PTB explique avoir "proposé d’activer les fonds publics de pension d’Ogeo Fund pour soutenir la construction de logements sociaux et publics à Liège. Ici aussi, le 'réalisme' du PS s’est exprimé dans ces termes : 'Le logement social n’est pas assez rentable pour ces fonds' et ce alors qu’il s’agit de pensions du secteur public". Le PTB égrene d'autres pierres d'achoppement : "soulignons que la proposition de bureau d’éthique et de la transparence du PTB a suscité une forte méfiance de la part du PS avec des comparaisons douteuses avec les délations dans les années 40. Dans la ville où le scandale Publifin a éclaté, le PTB s’attendait à une autre attitude sur ces questions éthiques et démocratique."

Le PTB sera donc dans l'opposition pour six ans de plus et promet de mobiliser la population "afin d'établir un rapport de force nécessaire à imposer une vraie politique sociale et écologique à Liège."

 

 

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