Ihsane Jarfi: Mutlu Kizilaslan aurait été influencé par ses fréquentations

Mutlu Kizilaslan, un des accusés de l'assassinat d'Ihsane Jarfi.
Mutlu Kizilaslan, un des accusés de l'assassinat d'Ihsane Jarfi. - © NICOLAS LAMBERT - BELGA

Mutlu Kizilaslan, un des accusés de l'assassinat d'Ihsane Jarfi, aurait été influencé par ses mauvaises fréquentations, ont soutenu jeudi matin plusieurs témoins de moralité devant la cour d'assises de Liège. Cet accusé a été décrit comme un garçon gentil qui est devenu agressif à la suite de ses relations amicales nuisibles.

Ihsane Jarfi (32 ans), disparu depuis la nuit du dimanche 22 avril 2012, avait été retrouvé mort le 1er mai 2012 dans la région de Tinlot. Mutlu Kizilaslan, Jérémy Wintgens, Jonathan Lekeu et Eric Parmentier sont accusés de l'avoir assassiné parce qu'il était homosexuel.

Les témoins de moralité ont dressé le portrait de Mutlu Kizilaslan. Cet accusé est le dernier enfant d'une fratrie de quatre garçons. Il aurait reçu une éducation un peu laxiste en vivant en Belgique car ses parents séjournaient principalement en Turquie. Avec ses frères, ses loisirs consistaient principalement à regarder la télévision ou à jouer avec des jeux vidéo.

Dans l'affaire relative à l'assassinat d'Ihsane Jarfi, Mutlu Kizilaslan se dit principalement victime des autres. Ses frères l'ont décrit comme un garçon gentil, angélique et généreux. Ils ont affirmé que ce sont ses mauvaises fréquentations qui lui ont occasionné des problèmes et l'ont rendu agressif. "Il était fort influençable. A partir de 25 ans, il a commencé à boire et à fumer, depuis qu'il a fréquenté les gens qu'il ne fallait pas", a affirmé son frère.

Mutlu Kizilaslan avait été le gérant d'un snack pita à Waremme durant deux ans. Mais il a remis ce commerce pour pouvoir s'acheter une voiture. Il a connu également un incident violent lorsqu'il a été victime de coups de feu en 2009. Cet épisode l'aurait bouleversé. Mutlu Kizilaslan aurait gaspillé ses économies et fait une tentative de suicide. Il a ensuite connu un épisode de délire et a été interné dans un hôpital à Henri-Chapelle. "Il ne supportait pas de savoir que quelqu'un avait voulu le tuer. Il se réveillait la nuit et parlait avec les anges", a précisé un de ses frères. Depuis sa sortie de soins, Mutlu Kizilaslan dépend de la mutuelle.

Mutlu Kizilaslan vit une relation sentimentale depuis une dizaine d'années avec la même femme. Il a connu avec elle des épisodes de violences et de séparation. Leur situation se serait apaisée depuis lors. Mutlu Kizilaslan, devenu papa depuis son incarcération, projetterait de se marier avec cette dernière. Mutlu Kizilaslan est musulman mais sa compagne est chrétienne. Selon le beau-père de l'accusé, cette différence de religion a finalement été acceptée par les familles respectives.

L'accusé était bien perçu par sa belle-famille. Il a été décrit comme un garçon calme, aimable, serviable, gentil et poli. Il était également complice avec ses proches. Mais son problème psychologique l'a beaucoup affecté. A une époque, qui correspondait à une séparation de sa compagne, il semblait un peu endormi par la médication qu'il recevait.

Mutlu Kizilaslan avait reçu diverses formations de secouriste

Mutlu Kizilaslan avait reçu diverses formations de secouriste et était qualifié pour sauver des vies en danger, a révélé jeudi un témoin devant la cour d'assises de Liège. Cette qualification sur le plan professionnel contraste avec le fait que Mutlu Kizilaslan fait partie de ceux qui ont abandonné Ihsane Jarfi agonisant dans un champ de Tinlot la nuit des faits.

Les derniers témoins relatifs à l'enquête de moralité de Mutlu Kizilaslan ont évoqué son parcours professionnel. Avant de dépendre de la mutuelle, Mutlu Kizilaslan avait travaillé durant plusieurs années. Entre 2001 et 2003, il avait été embauché comme manoeuvre dans une entreprise de maçonnerie durant un peu plus de 2 années. Il avait quitté cette entreprise pour ouvrir un commerce de vente de pitas à Waremme. Mais les activités de ce commerce ont été interrompues après deux ans.

Mutlu Kizilaslan a ensuite travaillé comme pontier dans une entreprise de tôles. Dans ce genre d'activité, il était ponctuel et concentré sur son travail. Il était également un ouvrier apprécié de ses collègues et de sa direction. Mutlu Kizilaslan a travaillé ensuite comme intérimaire dans une
autre usine active dans l'aciérie jusqu'en mars 2009. Il a été pontier, aide-opérateur et soudeur.

Mutlu Kizilaslan avait également reçu des formations de secouriste et de pompier dans le cadre de divers programmes d'apprentissage au niveau professionnel. Cet accusé, qui prétend qu'il a été passif lors des faits, était qualifié pour pratiquer des secours d'urgence. Dans le cadre de sa formation de pompier, il pouvait intervenir en première ligne en cas d'incendie. "La formation de secouriste lui permettait aussi de pratiquer la première intervention en urgence, notamment lorsqu'il s'agissait de sauver une vie", a indiqué un témoin.

Cette information, révélée par un témoin proche, pourrait apparaître contradictoire à l'attitude adoptée par Mutlu Kizilaslan lors de la nuit des
faits. Mutlu Kizilaslan a toujours affirmé qu'il a joué un rôle passif et très secondaire lors de l'agression d'Ihsane Jarfi. Il avait également soutenu qu'il n'avait pas été capable de porter secours à Ihsane Jarfi lorsqu'il a été abandonné agonisant dans un champ.

Mutlu Kizilaslan connaissait l'importance de l'aide de première urgence. Il avait lui-même été placé dans ce cas de figure en 2009 lorsqu'il avait fait une tentative de suicide. Ce jour-là, il s'était ouvert les veines. Mais c'est un de ses amis qui était intervenu pour lui sauver la vie.

Belga

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