IBA: "l'étude KCE sur la protonthérapie n'impactera pas nos projets"

IBA est le leader mondial de protonthérapie.
IBA est le leader mondial de protonthérapie. - © IBA

Le titre de l'entreprise néo-louvaniste "IBA" a fortement chuté en Bourse, ce jeudi matin. Il a perdu brièvement jusqu'à 21%.

Le leader de la protonthérapie, technique innovante de radiothérapie contre le cancer, semble avoir été impacté par une étude commandée par l'Inami et réalisée par le KCE, le Centre fédéral d'expertise des soins de santé.

Selon les conclusions de cette étude, il n'y a pas de preuves irréfutables de la supériorité de la protonthérapie, par rapport à la radiothérapie conventionnelle. Nous avons sollicité la réaction du leader mondial du secteur. IBA relativise. Pas de quoi paniquer. Mais il est évident que sur le site néo-louvaniste, on se serait passé de ce rapport mitigé.   

2 à 4 fois plus cher

Selon Karin Rondia, du Centre fédéral d'expertise KCE, la protonthérapie coûte 2 à 4 fois plus cher que la radiothérapie conventionnelle. Les critères pris en compte pour le remboursement du traitement des patients sont donc primordiaux en matière de coûts pour la sécurité sociale. D'où l'importance d'approfondir les recherches sur l'efficacité de cette technologie pour différents types de cancers. 

La protonthérapie permet de délivrer des doses importantes de radiations sur des tumeurs cancéreuses, sans trop impacter les tissus avoisinants. Actuellement, l'Inami n'intervient que pour certains types de cancers. Et au cas par cas. Le remboursement ne concerne qu'environ 50 patients belges par an. Des patients traités dans des centres à l'étranger, en attendant l'ouverture d'un centre de protonthérapie chez nous.

Avant d'éventuellement élargir l'intervention à davantage de patients, l'Inami a donc demandé l'avis du KCE. "Faute de données scientifiques suffisantes, nous recommandons à l'Inami de maintenir le dispositif actuel. Pour savoir si la sécurité sociale peut couvrir plus de types de cancers traités de la sorte, il faudra attendre les résultats d'une étude d'observation beaucoup plus vaste. Les résultats ne seront pas connus avant 10 ans".

IBA garde confiance

Chez IBA, on tente de relativiser. Pour Aymeric Harmant, porte-parole, l'étude belge n'est qu'un rapport parmi beaucoup d'autres. "Il y a d'autres résultats plus positifs, à l'étranger. Les avantages de la protonthérapie ont été démontrés par d'autres études. Certes, le rapport KCE n'est pas de nature à nous faciliter la vie. Mais cela n'aura vraisemblablement pas de conséquences sur notre carnet de commandes à l'étranger. Notre technologie et nos services de maintenance intéressent de nombreux clients potentiels. Nous sommes confiants". Reste que ces dernières années, IBA a connu quelques coups durs. Notamment à cause de la concurrence américaine et de certaines commandes qui ont mis du temps à se concrétiser.

Projets belges confirmés

A en croire IBA, l'étude belge n'aura pas non plus de conséquences sur les deux projets de centres de traitement par protonthérapie. "Le premier centre belge de protonthérapie sera ouvert cette année à Leuven; le second centre, à Charleroi, suivra en 2022 au plus tôt".

Rappelons que la plupart des clients d'IBA se situent aux Etats-Unis, en Asie et en Europe.
 

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