Humidité et chauffage défaillant: les conditions de vie difficiles des locataires des tours du Rempart des moines

Humidité et chauffage défaillant: les conditions de vie difficiles des locataires des tours du Rempart des moines
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Humidité et chauffage défaillant: les conditions de vie difficiles des locataires des tours du Rempart des moines - © Tous droits réservés

De nombreuses familles vivent dans des conditions très difficiles dans des tours du centre-ville. Il s'agit des 5 tours de logements sociaux situées rue Rempart des Moines, dans le quartier Dansaert. Ces tours n'ont jamais vraiment été rénovées et elles seront démolies dans deux ans. Résultat: les gros travaux n'y sont plus effectués, juste l'urgence. Le problème, c'est que des familles doivent continuer à y vivre. 

Humidité et ascenseur en panne 

Ce-jour-là, la pluie tambourine à la fenêtre de cet appartement de l'une des tours de logements. Un bruit tellement fort que l'on a de la peine à s'entendre. "Chaque fois qu'il pleut, c'est comme ça", explique la locataire. L'appartement trois chambres est occupé par une famille qui paie 750 euros par mois et qui cohabite avec des problème d'humidité: " C'est la chambre de ma mère, on a jeté le matelas parce qu'il était infesté de punaises. Il y a une fuite d'eau à la salle de bain".

Chez sa famille voisine de palier aussi, il fait très humide. "Regardez, il y a de grosses tâches d'humidité ! Il faut que je nettoie tous les deux-trois jours parce que mon fils dort ici". Et les témoignages s'enchaînent au fil de notre visite : " Cela fait trois semaines que l'on était sans ascenseur. Or, ma maman est en chaise roulante. La faire monter par l'escalier, c'est invivable".  "Les charges, on les paie! Mais l'ascenseur est toujours bloqué. Les escaliers sont toujours sales. Et la semaine passée, on a passé 5 jours sans eau chaude. Les enfants ont souvent froid'".

Une cinquantaine de familles 

Sur les deux tours qui seront rasées dans 2 ans, 80 familles ont déjà déménagé. 50 autres sont toujours en attente d'une solution. Et pour elles, le temps paraît long: "En 2014, l'assistante sociale m'a téléphonée, elle me dit vous êtes sur la liste d'attente. Mais rien ne se passe".

Quand ça devient vraiment invivable, le Logement Bruxelles, la société qui gère ces habitations sociales, reloge prioritairement. Le directeur Lionel Godrie explique: "il est évident qu'au fur et à mesure que l'on avance dans le temps, il y a des situations qui peuvent se dégrader, nos services regardent alors si l'on peut trouver une solution rapide, quitte à envisager un déménagement pour un locataire qui au départ n'aurait pas du déménager. C'est d'ailleurs ce qui a été fait précédemment, courant 2018. Nous avions identifié une cinquantaine de familles pour lesquelles il y avait des problèmes d'ordre technique au niveau du logement qui ne permettait plus une occupation sereine". 

"On continue d'investir"

Concernant les autres logements, Lionel Godrie assure que les investissements se poursuivent: " Clairement, nous avons fait le choix de continuer à investir. Bien évidemment, on ne va pas remplacer les châssis. Nous allons faire des investissements qui permettent de garantir le maintien de l'occupation, la sécurité de l'ensemble de ces locataires. On va investir ici sur l'année 2020 entre 220 et 250 000 euros pour de la mise aux normes incendie, de la mise en conformité électricité, nous travaillons sur les chaufferies de manière à assurer un fonctionnement adéquat. Nous projetons de remettre en peinture l'ensemble des halls d'entrée et des cages d'escalier". 

Il reste deux ans pour trouver des solutions de relogement pour tous. Le PTB a interpellé la ville de Bruxelles sur cette situation, lors du dernier conseil communal. Le parti s’inquiète aussi de certaines hausses de loyers a priori inexpliquées. 

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