Hôpitaux publics bruxellois: le ras-le-bol des blouses blanches

Les hôpitaux publics bruxellois risquent de tourner au ralenti à partir de ce dimanche 20 heures. Un préavis de grève a été déposé par les syndicats en front commun dans les différents hôpitaux du réseau IRIS (CHU Brugmann, CHU Saint-Pierre, Hôpitaux IRIS Sud, Hôpital des enfants et Institut Bordet). Une partie du personnel va partir en grève. 

Du CHU Brugmann aux autres hôpitaux 

Les premières actions, c'est le personnel du CHU Brugmann qui les a lancées en mars dernier. Et en particulier les services d'urgence et de soins intensifs. Puis, il a fait tâche d'huile. Les autres service ont rejoint le mouvement, puis les autres hôpitaux du réseau IRIS. Caroline Van Laeken, infirmière au CHU Brugmann se souvient: "quand on a commencé à évoquer le fait d'aller parler au niveau supérieur, à la faîtière IRIS, la coupole qui regroupe les différents hôpitaux, le CHU Saint-Pierre s'est dit lui aussi que ce n'était pas terrible".  

On savait que ce n'était pas un métier facile, mais pas à ce point-là

Que ce soit au CHU Brugmann ou au CHU Saint-Pierre, le constat est le même: " c'est de la fatigue physique", explique Jean-Sébastien Lerolle, infirmier en néonatologie à Saint-Pierre, "parce que je cours littéralement dans le service, c'est un service de soins intensifs et s'il y a un enfant qui ne va pas bien, je dois vraiment courir et c'est compliqué physiquement". Une fatigue morale aussi, liée à l'absentéisme et à la pénurie de personnel infirmier.  "Il manque du personnel. On nous bassine en nous disant que nous sommes en nombre suffisant, mais nous qui sommes sur le terrain, on se tue à la tâche, on essaie de clôturer ce que l'on peut. On rentre chez nous et on est psychologiquement et physiquement fatigué. On savait que ce n'était pas un métier facile, mais à ce point-là", soupire Caroline Van Laeken.  

Un impact sur les soins fournis 

Ce qui mine d'autant plus Jean-Sébastien et Caroline, c'est que cette situation a un impact sur les soins donnés. "Il y a 10 ans de cela, je n'avais pas ce sentiment de courir à ce point, j'avais le sentiment de faire des soins où on était plus proche du patient. On arrivait à répondre aux besoins et là j'ai l'impression que j'ai de plus en plus de mal à répondre aux besoins du patient et à retrouver le sens du travail que je fais. On a de moins en moins envie en fait. Avant, on avait ce sentiment où au moins on était fier de notre travail, c'est ça qui nous faisait tenir... Et là, cela devient de plus en plus compliqué à gérer". 

Le sous-financement des hôpitaux publics 

Pour Carine Rosteleur, secrétaire régionale CGSP cette situation est le résultat de la conjonction de deux facteurs: le sous-financement structurel des hôpitaux publics bruxellois, depuis les coupes budgétaires de 2018. Elle considère que cela représente 15 millions de perte de budget en 2018 et "ça a un impact sur les conditions de travail, la dotation de personnel, les avantages que l'on peut donner au personnel". Et à cela, il faut ajouter la pénurie généralisée de personnel infirmier. Selon les syndicats, le mouvement de grève sera bien suivi. 

De meilleures conditions de travail et revalorisation des barèmes 

Les syndicats demandent une revalorisation générale des barèmes, ils rappellent que les barèmes locaux sont bien en deçà des régionaux pour la même fonction, ou même que ceux effectifs en Wallonie ou en Flandre. Ils veulent le retour de la prime de fin d'année, mais aussi les possibilités de réductions du temps de travail. Une action du personnel soignant aura lieu devant les locaux de la Faîtière IRIS ce lundi, la coupole qui rassemble les différents hôpitaux. Au même moment, une réunion du "Comité C Iris" y est en effet prévue, un comité de négociation entre les représentants syndicaux et ceux du conseil d'administration de la faîtière.

Nous ne sommes pas parvenus à joindre la direction des Hôpitaux IRIS. 

En ce qui concerne le fonctionnement des hôpitaux, selon l'agence Belga, pour les patients et proches, il devrait être similaire à un service du dimanche, et il existe un risque que des consultations soient annulées. Un service minimum aux patients hospitalisés et aux urgences est, bien entendu, maintenu. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK