Homes: comment accueillir les personnes âgées issues de l'immigration?

Dans les homes, on trouve de plus en plus de personnes issues de l’immigration (illustration).
Dans les homes, on trouve de plus en plus de personnes issues de l’immigration (illustration). - © Belga

Le home du CPAS de Mons s'intéresse à l'accueil des personnes âgées issues de l'immigration. C'est un phénomène qui commence seulement. Il y a des pensionnaires d'origine italienne mais aussi ukrainienne, vietnamienne... et bientôt d'autres. Pas toujours évident donc pour le personnel de comprendre ces personnes, leur culture, leur religion. Une infirmière s'est intéressée au problème. Elle a travaillé pendant trois ans sur le sujet. Et ses recherches aboutissent maintenant à des réalisations concrètes.

Les personnes issues de l'immigration ne sont pas spécialement nombreuses dans les maisons de repos, mais on en recense de plus en plus et, parfois, elles ne parlent pas bien le Français. "Cela a été prouvé que les personnes âgées issues de l’immigration retourne vers leur langue d’origine."

Yvonne Simeone a une formation d'infirmière et a dirigé des maisons de repos depuis quelques années. Elle s'intéresse à la question de la vieillesse et de l'immigration. "Quand je travaille en maison de repos, j’avais beaucoup de demandes allant dans le sens du respect de la culture d’origine. En faisant des recherches, je me suis rendu compte qu’il n’existait aucun encadrement de ce type-là."

A partir de ce constat, Yvonne Simeone a mené depuis trois ans une recherche-action soutenue par la Région wallonne et la Fondation Roi Baudouin. Le résultat est aujourd'hui concret. Avec l'aide d'univesitaires et d'associations de différentes cultures, un guide des bonnes pratiques a été mis au point.

Le home du CPAS de Mons partage l'expérience. Le personnel a déjà  reçu des formations spécifiques. Christiane De Knok a suivi ces cours : "J’ai commencé ici avec le nettoyage, puis j’ai travaillé dans les cuisines. Je trouve que c’est bien. Eux, ils viennent et découvrent notre culture, notre façon de manger, de parler… Ce me paraît normal de les suivre également."

Pour le directeur du home du CPAS de Mons, Benjamin Torrekens, il est très important d’informer le personnel sur cet aspect spécifique de l’accueil des pensionnaires. "Car vous avez parfois des gens qui vous abordent différemment des autres et il faut comprendre pourquoi. La raison est culturelle. Par exemple, quelqu’un qui ne vous regarde pas quand il vous parle, ce n’est pas spécialement parce qu’il a peur…"

Le travail réalisé à Mons par Yvonne Simeone commence à intéresser le secteur de l'accueil des personnes âgées. D'autres homes devraient bientôt suivre ses recommandations mais tout reste à construire.

Isabelle Palmitessa

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