Home à Molenbeek: trois fois plus de décès à cause d'une restructuration?

Le nombre de décès a triplé dans cette maison de repos. A cause de la restructuration?
Le nombre de décès a triplé dans cette maison de repos. A cause de la restructuration? - © DPA

25 médecins ont signé une lettre ouverte pour dénoncer une série de dysfonctionnements au sein de la maison de retraite "Arcadia", à Molenbeek,. Selon eux, la restructuration menée au début de l'année a eu des conséquences désastreuses pour les pensionnaires. Le déménagement de certaines personnes âgées et la réduction de personnel nuiraient à la qualité des soins. Le nombre de décès aurait triplé.

Tout est parti de témoignages déposés par des infirmières, kinés et autres membres du personnel soignant. De nombreux médecins ont alors décidé de signer une lettre ouverte.

Selon eux, la suppression de 40 des 240 lits et les déménagements au sein du home ont stressé les pensionnaires. La réduction de personnel aurait en outre entraîné des dysfonctionnements avec des conséquences graves sur les personnes âgées.

"Ils ont été angoissés, ils ont été perturbés, il y a eu des problèmes de médication", dénonce le docteur Dominique Robion. "Il y a un service où il n'y a plus d'infirmières, où les médicaments ne sont distribués qu'à l'occasion. J'ai encore eu le problème ce matin: un patient, qui n'est pas dément du tout, m'a dit qu'il prenait normalement 10 médicaments chaque matin et que ce matin il n'en avait eu que 8."

Pour ce médecin, il y a un lien direct entre la restructuration et l'augmentation du nombre de décès. "Je ne vois pas d'autres causes qui auraient pu expliquer que depuis des années, on ait entre 3 et 5 décès à cette période-là et qu'aujourd'hui, on en ait 17."

"Des inspections ont eu lieu"

Le président du CPAS, Christian Magerus, parle d'affirmations erronées et de manipulation politique. Il précise qu'Arcadia est contrôlée à l'instar de toutes les maisons de retraite publiques: "Des inspections ont eu lieu et n'ont pas conduit les autorités compétentes à entamer une quelconque procédure d'urgence, ce qui est pourtant le devoir des autorités pour le bien-être des pensionnaires qui pourrait être gravement menacé", indique Christian Magerus.

Les deux parties adverses devraient se réunir dans quelques jours. Le président du CPAS promet de s'expliquer en détails, mercredi ou jeudi prochain.

PIAB, avec Jean-Claude Hennuy

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