Hensies: un barrage filtrant, depuis cette nuit, à la frontière

Sur l'aire d'Hensies/Saint-Aybert
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Sur l'aire d'Hensies/Saint-Aybert - © Charlotte Legrand

Suite aux attentats de cette nuit, à Paris, les contrôles ont été renforcés à la frontière française. Sur l'aire d'Hensies/Saint-Aybert, une équipe de policiers et de douaniers français a mis en place un barrage filtrant. Les automobilistes comprennent et se disent sous le choc. 

75, 93, 92...Les policiers ciblent particulièrement les voitures immatriculées en région parisienne. Ils arrêtent aussi les véhicules en provenance de départements éloignés (sud de la France...) ou de pays étrangers. "Nous sommes d'Espagne, mais nous travaillons cette année en Belgique", nous expliquent deux jeunes filles. Un peu plus tard, trois Bruxellois se prêtent aux contrôles. Ils sont de type maghrébin, "et on n'a échappé à aucun contrôle! Trois déjà depuis Paris, c'est un peu abuser" nous dit le conducteur. Ils ont passé la nuit à Barbès, un quartier nord de Paris. Ils ont appris la nouvelle des attentats au petit matin. "Et c'est vrai que là on comprend mieux les contrôles, c'est normal". Normal aussi pour ces Parisiens. "On aurait pu tous y être! J'habite à côté, ma mère, ma sœur, mes enfants: tous, on aurait pu être les victimes! Vous savez, tout le monde en a ras-le-bol, dans toutes les communautés, toutes les races...Faut que ça s'arrête", nous dit-il. Michaël, lui, trouve "tout à fait normal" de se faire arrêter. "Mais pourquoi maintenant, on se dit que ça arrive un peu tard. C'est avant que des mesures auraient dû être prises". Sentiment partagé par d'autres "Souvent, on entend à la télé que les auteurs des attentats étaient suivis par les services de police, depuis longtemps. Il faut faire quelque chose! Il faut faire plus! Je ne dis pas que la police ne fait pas son travail. Mais elle doit faire plus. Des opérations comme celle-ci c'est bien, je trouve". Samuel faisait la fête hier, dans le centre de Paris. Il a vécu les événements de près, a vu le ballet d'ambulances, entendu les sirènes toute la nuit. "Bien sûr, qu'il faut des contrôles maintenant".

 

 

Si ces barrages aux frontières rassurent, ils restent avant tout "symboliques". C'est l'avis d'Eric Thiébaut, député-bourgmestre (PS) d'Hensies, commune de l'autre côté de la frontière. "Fermer la frontière aujourd'hui c'est pratiquement impossible! Je ne pense pas que les terroristes passeraient par les axes principaux pour passer du matériel, des explosifs ou des armes, par exemple. tout cela se fait je pense de manière beaucoup plus souterraine!" Il nous dit avoir reçu des instructions du fédéral. "La police belge doit aider les français dans leurs missions de contrôle aux frontières".