Hendrik Vuye, un professeur des FUNDP trop influencé par la N-VA ?

Hendrik Vuy estime qu'il faut éviter le procès d'intention
Hendrik Vuy estime qu'il faut éviter le procès d'intention - © RTBF

A Namur, quelques étudiants des facultés universitaires Notre-Dame de la Paix se disent "choqués" par certains propos d'un professeur enseignant le cours de droit constitutionnel. Ses critiques sur la réforme de l’État passent mal. Or Hendrik Vuye est conseiller politique de la N-VA. Les autorités des Facultés vont se pencher sur la question.

(Note de la rédaction : cet article a été publié le 16 février 2012 et mis à jour le 2 avril pour y inclure la vidéo de la séquence du JT sur laquelle il était basé)

Peut-on réussir en droit sans aimer la N-VA ? C'est la question que se posent quelques étudiants namurois. Leur professeur de droit constitutionnel est conseiller politique du parti de Bart De Wever et, selon eux, certaines de ses réflexions posent question.

"L'accord papillon, comme il appelle ça, clairement on sent qu'il est contre. On sent que ce n'est pas ses idées qu'il ne souhaite pas le voir aboutir", témoigne un de ces étudiants. "Il fait passer des généralités flamandes comme étant des généralités belges. Il a beaucoup de pessimise pour l'avenir de la Belgique et pour les institutions belges", témoigne un autre.

Critiques sur l’État, le Sénat ou la cour de Cassation, certains trouvent cela excessif. Pourtant, tout le monde n'est pas du même avis. Beaucoup d'autres étudiants défendent ce professeur dont le cours est très apprécié. Certains interpréteraient mal les propos tenus au cours.

"Si on est influençable au point d'entendre un professeur et d'avoir peur de ses convictions politiques, je pense que nous n'avons pas à faire les études dans lesquelles nous nous sommes inscrits", estime un étudiant de la fac de droit. "Moi j'ai toujours trouvé son cours très enrichissant et je ne vois pas où est le problème à partir du moment où c'est un professeur qui reste correct", affirme une autre étudiante.

La réponse des autorités

De leur côté, les autorités des facultés assument leur choix. Le professeur donne cours depuis 1993 et n'a jamais fait l'objet de plainte. Mais la situation sera quand même analysée, a expliqué à la RTBF Yves Poullet, le recteur des FUNDP : "Je crois qu'effectivement il est peut-être utile d'avoir une discussion avec lui, d'essayer de comprendre ce qui a pu être dit, de pouvoir le remettre dans un certain contexte. Il est évident que les rumeurs fonctionnent vite à l'intérieur des universités et que parfois on est extrêmement surpris de la façon dont les étudiants peuvent interpréter certaines choses".
 
Hendrik Vuye, le professeur en question nous a reçus. Il dément mêler la politique à son cours mais reconnaît parler de la réforme avec ses mots à lui : "Je dois expliquer, par exemple, cette 6ème réforme de l’État aux étudiants, qui n'est pas la réforme de l’État la plus facile, qui est parfois un peu un bricolage, donc peut-être que cela donne l'impression de critiquer la Belgique mais ce n'est vraiment pas le cas (...) Quand même, il faut faire un peu attention de ne pas faire un procès d'intention. Il y a des hommes politiques qui dispensent des cours dans nos universités (je pense à Francis Delpérée, à Philippe Moureaux, à Didier Reynders) et là apparemment cela ne pose jamais de problème".  

A cela, des étudiants répondent que les autres professeurs ne conseillent pas un parti séparatiste. Cela dit, sur la cheminée d'Hendrik Vuye, des livres : "Léopold 1er", "Di Rupo" et un écrivain Groen. Hendrik Vuye a, paraît-il, tout apprécié.

S. Daout

 




 

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