Hélécine : Marie Jemine réinvente la consigne avec sa société "L'Empoteuse"

Marie Jemine propose des bocaux et contenants qui ne vont plus à la bulle à verre après usage
Marie Jemine propose des bocaux et contenants qui ne vont plus à la bulle à verre après usage - © S. Vandreck

Comme beaucoup de jeunes mamans d’aujourd’hui, Marie s’est mise au zéro déchet. "J’ai commencé à prendre conscience des enjeux environnementaux quand j’ai été enceinte et que je me suis rendu compte que, dans trente ans, la planète ne serait peut-être plus viable. L’urgence est là, et elle prend aux tripes", confie la jeune femme. Elle utilise des couches lavables, fait ses courses dans les magasins de vrac… "Mais dans trois ou quatre ans, quand on aura plusieurs enfants, en travaillant à temps plein, on n’aura peut-être plus le luxe de trier tous ses contenants pour aller faire ses courses en vrac. Il fallait donc penser au confort du consommateur, à des solutions de facilité". En plus de la facilité, il y a la limitation de l’impact environnemental : "Selon les sources, en termes de bilan carbone, la consigne est de cinq à quinze fois moins chère que le recyclage du verre", explique-t-elle. Il est vrai que pour recycler du verre, il faut le faire fondre à de très hautes températures.

Favoriser le circuit court

Depuis six mois, elle réfléchit donc à une solution plus respectueuse de l’environnement que les bocaux à usage unique et qui soit pratique pour le consommateur. C’est ainsi qu’est né le projet de "L’Empoteuse", un service qui fournit aux commerçants locaux, petits producteurs, traiteurs etc. des bocaux de formats standards, solides et durables, qui peuvent aussi bien servir de contenant dans la cuisine, qu’être retournés via un système de consigne. La société de Marie prend en charge le dépôt et l’enlèvement des contenants, ainsi que leur nettoyage, via une entreprise de travail adapté. L’idée est de favoriser le circuit court et l’emploi local : le bocal est facturé deux euros à l’achat et le consommateur, s’il le rapporte, récupère un euro cinquante. Les cinquante cents restants servent à rémunérer les personnes qui vont nettoyer, à payer le transport. "On va veiller à ce que le nettoyage se fasse de la façon la plus écologique possible et que l’enlèvement se fasse à vélo dans les villes. Evidemment, cela a un coût. Mais l’objectif de départ est surtout que les bocaux n’aillent plus à la bulle à verre", insiste Marie.

Pour financer son projet, Marie a fait appel au financement participatif. La campagne se clôture ce quinze janvier et la jeune entrepreneuse a déjà collecté 81% de la somme attendue. "J’ai déjà quelques clients intéressés et je continue à prospecter, surtout à Bruxelles et dans les provinces de Liège et de Brabant wallon. Ce sera sûrement dur pendant le mois de février, mais dès février-mars on devrait voir apparaître quelques bocaux dans les étalages", s’enthousiasme-t-elle.