Hamois: démolition d'une maison bâtie en zone agricole au bout d'un bras de fer de 10 ans

Lentement mais sûrement. Depuis lundi, la maison construite par une habitante de Martelange mord progressivement la poussière. Et pour cause: cette dame de près de 70 ans, a construit à partir d'une simple étable, une villa comprenant de nombreuses chambres. 

Un détail fait cependant toute la différence: cette résidence secondaire, bâtie à l'arrière d'un hôtel-restaurant situé sur la Nationale 4, se trouve en pleine zone agricole: "Je le savais mais comme il y avait déjà l'étable, je n'imaginais pas que je ne pouvais pas construire à partir de cette base", a-t-elle expliqué par téléphone. Une base autour de laquelle s'est développé un petit palais comprenant un étage de plusieurs chambres, une pergola et même une double garage dans lequel "les animaux rentraient quand ils étaient malades".

Pas de permis pour les zone agricoles

Mise au courant de l'irrégularité de la situation au début du millénaire, l'administration wallonne lance une procédure en 2006 pour détruire le bien. Un jugement est rendu en 2009: l'ensemble doit être abattu, même l'étable de départ et ce, sans arrangement à l'amiable possible: "Dans de nombreux cas, nous essayons de nous trouver une solution, explique Christophe Corouge, porte-parole du SPW. Avec un aménagement de la construction, une transformation, une proposition de transaction, nous parvenons à régulariser la situation. Ici, il n'y a pas d'alternative possible car la maison est construite sur une zone agricole et comme pour les zones forestières, la remise en état d'origine est obligatoire, c'est-à-dire dans ce cas précis, des prairies".

Le chat et la souris

Depuis cette décision de justice de 2009, la propriétaire des lieux ne s'était toujours pas exécutée: "Nous allions d'astreinte en astreinte. Généralement, cela suffit à faire infléchir la position. Ici, cela n'a rien changé. Nous avons donc décidé de procéder nous-mêmes à la destruction du bien, justifie Christophe Corouge. Finalement, alors que nous avions prévu de faire intervenir les grues mardi, elle a pris l'initiative d'appeler une entrepreneur de sa région qui a débuté la démolition lundi".

Depuis, elle tente, malgré le jugement, de sauver les quatre murs de l'étable originelle via les services d'un avocat. Histoire de ne pas tout perdre.

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