Grogne des agriculteurs à Namur: une réaction "prématurée", commente (et rassure) René Collin

Une vingtaine d'agriculteurs sont venus manifester ce jeudi devant l'Elysette, à Namur. Ils réagissaient ainsi à l'enveloppe des 15 millions d'euros dégagés par le gouvernement wallon en vue de compenser les pertes qu'ils ont subies suite à la sécheresse estivale.

"Dérisoire", "méprisant", estiment-ils. La FWA, la Fédération wallonne de l'Agriculture, avait chiffré de son côté les besoins à quelque 350 millions.

En marge du conseil des ministres qui doit se tenir ce jeudi dans la capitale wallonne, des rencontres sont prévues avec les manifestants et le secteur pour clarifier les positions. Sauf que René Collin, le ministre wallon de l'Agriculture, a déjà réagi à notre micro. Il se veut avant tout rassurant.

"Il n'est pas question de les mépriser, au contraire. On prend en compte leur situation. Je pense d'ailleurs qu'on le démontre au quotidien. Ici, au lieu d'avoir 4,5 millions d'euros comme chaque année au Fonds des calamités, on en inscrit 15. Parce qu'on sait qu'on va devoir tenir compte de la sécheresse. Et on a un fonds de réserve qui est déjà de 18 millions d'euros. Cela permet de voir venir ; tout en sachant qu'on peut faire des réallocations. Et encore ! Je ne parle même pas de l'ajustement budgétaire qui pourra aussi être opéré."

"C'est prématuré"

Le ministre, en plus de vouloir temporiser et rassurer, a également invité les agriculteurs à la patience. "Oui, on va les rassurer mais on va aussi leur dire que leur réaction est sans doute prématurée puisqu'on ne connait pas encore avec exactitude les préjudices subis. On n'a pas encore reçu les P-V des commissions communales de constat de dégâts."

Des balises à respecter

Parallèlement à cela, poursuit-il, "il y a toute une série de balises dans la loi dont on doit tenir compte. Exemple : quand il n'y a pas 30% de perte, on ne peut pas tenir compte de l'élément. C'est la loi ! Même l'Europe nous impose des balises : elle nous dit qu'il y a une réduction de 50% s'il n'y a pas d'assurance qui a été contractée. Tout ça doit intervenir. Et quand on connaîtra les chiffres, bien sûr qu'on prendra les décisions qui s'imposent !"

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