Grippe et chutes : les hôpitaux du Hainaut sont pleins à craquer

Il faut optimaliser les hospitalisations pour libérer un maximum de lits
Il faut optimaliser les hospitalisations pour libérer un maximum de lits - © I. Palmitessa

Catherine est déçue. Cette indépendante devait être opérée à l’épaule ce mardi. La veille, le service orthopédie de l’hôpital Ambroise Paré l’a appelée pour reporter l’intervention. L’hôpital est saturé en raison de l’épidémie de grippe et des nombreuses chutes dues au verglas. "Je comprends, il n’y a pas d’urgence vitale dans mon cas mais je n’ai pas encore de nouveau rendez-vous et ce n’est pas évident de s’organiser". Des histoires comme celle-là, d’autres patients les ont vécues et la directrice médicale de l’hôpital montois, Catherine Winant, le regrette bien : "Nous avons été surpris par l’afflux de patients la semaine dernière, mais depuis on s’est réorganisés car nous sommes très conscients que c’est difficile pour les patients d’avoir une intervention reprogrammée".

Ambroise Paré a pris une série de mesures pour augmenter la capacité d’accueil des malades : "Nous avons renforcé le personnel infirmier, nous avons transformé des unités d’hôpitaux de jour en hôpitaux classiques pour récupérer une vingtaine de lits, nous avons même fait des aménagements de locaux non occupés pour en faire un hôpital de jour, nous avons réaffecté certains lits de psychiatrie puisque nous avons la chance de collaborer avec le Chêne aux Haies. Et même en maternité, on a rassemblé un maximum les mamans dans une aile pour accueillir des patients qui devaient avoir des interventions chirurgicales".

Taux d’occupation maximum

Petit tour d’horizon des autres hôpitaux de la région, la situation n’est guère plus brillante. Dans la région de Mons toujours, le CHR Saint-Joseph fait état d’un taux d’occupation maximum. Or la situation était déjà très tendue depuis l’incendie survenu sur le site de Warquignies en septembre dernier. Après cet incident, le groupe hospitalier s’était déjà réorganisé mais une cinquantaine de lits manquent toujours en attendant la réouverture de deux unités touchées. Plus que jamais, avec l’épidémie de grippe, le CHR doit donc optimiser le calendrier des hospitalisations mais jusqu’à présent, il n’y a pas eu de report d’interventions chirurgicales. Seuls certains examens non urgents ont été reportés. Dans les hôpitaux du groupe Epicura, il n’y a pas eu de report d’interventions non urgentes mais les hôpitaux sont pleins. Sur les sites de Baudour et d'Hornu, des mesures ont été prises également. Une unité de quinze lits est passée à vingt lits, des patients en isolement ont été regroupés dans la mesure du possible et des patients en chambre particulière ont accepté de passer en chambre double. Saturation aussi à Tournai. Une unité fermée a été rouverte pour ajouter 15 lits. Les séjours sont écourtés et des interventions non urgentes ont été reportées.

Chaque hiver, les hôpitaux sont confrontés à un pic d’occupation mais pour Catherine Winant, à Ambroise Paré, cette année, la situation est exceptionnelle. Une première explication vient de la grippe dont l'épidémie s’est déclarée plus tôt que prévu : "On a la grippe mais on aussi des infections pulmonaires qui sont parfois des complications de la grippe. Certains cas de grippe se sont retrouvés aux soins intensifs, des tout petits enfants mais aussi des personnes âgées".

Nombreuses chutes

À ces cas de grippes et de maladies pulmonaires, il faut ajouter les nombreuses chutes. Le Dr Frank Vantrimpont, chef du service des urgences au CHWAPI (Tournai) le confirme : "Nous avons dû faire face, il y a une dizaine de jours, à un grand nombre de chutes et donc pas mal d’interventions qui ont saturé les lits de chirurgie, en plus de lits de médecine qui le sont déjà habituellement à cette période de l’année".

Bref, partout, il a fallu pousser les murs mais dans tous ces hôpitaux, le message est le même : tout est mis en œuvre pour accueillir les cas urgents. Une demande est cependant adressée aux patients, celle de ne pas encombrer les urgences avec des problèmes qui peuvent être pris en charge par les médecins traitants.

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