Grez-Doiceau: la décision d'abattre des arbres était antérieure à l'accident mortel du 18 janvier

"La faute à pas de chance", dit-on à Grez-Doiceau... l'accident mortel survenu lors de la tempête du 18 janvier dernier s'est produit alors que la décision d'abattre les arbres à risques avait été prise à la fin de l'année 2017!

"A la suite d'un premier incident survenu à la fin novembre dans le Bois de Beausart, le propriétaire du bois et les autorités publiques avaient décidé, de commun accord, d'abattre une bonne centaine d'arbres pouvant présenter un risque pour la circulation", explique Frédéric Petit, conseiller forestier et ingénieur des Eaux et Forêts. "En novembre, une branche était tombée sur un véhicule, sans faire de blessés. Et nous avions alors pris la décision de raser les arbres dangereux. Peu de temps après, une série d'arbres à supprimer (principalement de vieux hêtres centenaires) ont été marqués". Mais la tempête a finalement pris tout le monde de court. Et le drame n'a pu être évité. Ce 18 janvier, un arbre imposant a cédé sous la pression des rafales de vent et s'est écrasé sur une voiture, ne laissant aucune chance à une automobiliste de 39 ans, mère de deux enfants. 

Enquête en cours 

"Il est trop tôt pour évoquer la question de la responsabilité", explique la bourgmestre Sybille de Coster-Bauchau. "Le Parquet poursuit son enquête". Le dossier est délicat et complexe. Les arbres visés au Bois de Beausart appartiennent à un privé. Mais ils se situent le long d'une route régionale et peuvent donc présenter un danger éventuel dans l'espace... public. "La décision d'abattre les arbres à risques était antérieure à l'accident dramatique du 18 janvier", confirme la bourgmestre. "Le jour-même (18 janvier), j'ai rencontré le gouverneur pour lui faire part de mes préoccupations. Mais dans pareil cas de figure, de nombreux éléments doivent être pris en compte, comme le vent, la pluie, la saison, le lieu concerné, l'âge des arbres d'alignement, la concertation avec les communes voisines et avec la Région wallonne. Prendre une décision (comme la fermeture d'une route traversant un bois, en cas de tempête) est une mesure qui ne se prend pas à la légère", précise la bourgmestre. Une décision qui pose à nouveau la question du principe de précaution. Mais à partir de quel moment et avec quels critères précis doit-on appliquer ce principe? La réponse n'est pas simple. "D'autant que les intempéries sont de plus en plus fréquentes", affirme un agent forestier.

"Même en prenant toutes les précautions possibles, le risque zéro n'existe pas", commente le propriétaire, visiblement affecté par le décès de l'automobiliste. "On peut aussi se poser la question de savoir pourquoi on ferme des cimetières ou des parcs en cas de tempête, et pas un axe fréquenté par 10.000 voitures par jour". 

En attendant la fin de l'opération, prévue pour une durée d'une semaine, certains riverains doivent prendre leur mal en patience. "Je suis obligé de passer par des petits chemins. Je suis un peu coupé du monde", affirme un riverain.  Quant aux arbres sacrifiés, ils connaîtront un double destin. "Les troncs seront exportés pour faire des meubles", explique Jean-Pierre Simon, exploitant forestier. Quant aux branches, elles sont destinées à une papeterie de Virton.    

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