Grève du 14 mai : le point sur les actions, région par région

La FGTB a lancé ce 14 mai une journée d’actions, qui sont prévues un peu partout dans le pays. A quelques jours des scrutins fédéral, régional et européen, le mot d’ordre de cette mobilisation est que « la question du pouvoir d’achat soit centrale », pointant du doigt l’ex-gouvernement Michel, dont la législature « aura été synonyme d’une perte importante de pouvoir d’achat pour les travailleurs. »

Des milliers de manifestants se sont rassemblés à Liège, Wavre, Bruxelles et Tournai. Ils revendiquent notamment le rehaussement du salaire minimum à 14 euros de l’heure (2300 euros par mois), un relèvement de la pension minimale à 1500 euros net par mois, ainsi que le rehaussement des allocations sociales minimales à 10% au-dessus du seuil de pauvreté.

Dans un communiqué, le MR a répondu au syndicat socialiste en l'accusant de « désinformation ». Le parti de M. Michel a rappelé les réalisations du gouvernement fédéral, notamment la création de 250.000 emplois, l'augmentation des pensions et du revenu d'intégration sociale ou encore les gains du « tax shift » pour les salaires.

« Cette nouvelle prise en otage par la FGTB, en dehors du front commun, montre le choix qui est posé aux citoyens le 26 mai prochain. Veut-on continuer à progresser en soutenant les classes moyennes qui travaillent et qui veulent travailler ? Ou bien veut-on le retour en arrière avec les recettes du passé de la FGTB qui ont toujours échoué? A l'inverse de la FGTB qui ne défend que le chômage, le MR soutient le travail et les travailleurs parce que c'est le seule condition pour garantir le financement durable des pensions et des soins de santé ainsi que pour relever le défi climatique », a souligné M. Michel, Premier ministre et président du parti.

Cette journée d’action a entraîné de nombreuses perturbations sur le réseau TEC ce matin.

  • Wavre, dans le fief du Premier ministre

Grosse manifestation à Wavre, où Charles Michel était bourgmestre empêché avant les élections communales de 2018. Les manifestants se sont rassemblés à 9h30 sur le parking du Walibi, afin de traverser la ville et revenir à leur point de départ vers 14 heures, après un rassemblement final sur le parking de l’Usine électrique où le président de la FGTB, Robert Vertenueil, doit prendre la parole. Les régionales et les centrales professionnelles du Brabant wallon, du Centre, de Charleroi, de Mons, de Namur, de Tournai et du Luxembourg participent à cette marche sur Wavre.

Encadrés par la police, les syndicalistes rejoints par des délégations de la mutualité Solidaris et du Parti socialiste, doivent parcourir un trajet d’environ 3,5 km. Ils sont 2000 à 3000 manifestants, dont le bourgmestre de Charleroi Paul Magnette, Jean-Pascal Labille, secréataire des Mutualités socialistes et Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB Wallonne. La police est présente en force, avec deux autopompes, des motards et des chevaux, mais reste discrète, la manifestation se déroulant dans le calme.

Des calicots fustigeaient la politique du gouvernement fédéral, dont l’un décerne des oscars à « Charlot Michel » en tant que pire réalisateur pour « jobs, jobs, jobs », pire scénariste pour « La Suédoise » et pire acteur dans « Le Saut d’index ».

Charles, si tu m'entends, fais tes bagages et dégage la route !

Si l'ambiance est restée bon enfant dans la manifestation, les discours à l'arrivée ont été plutôt musclés. « Charles, si tu m'entends, fais tes bagages et dégage la route ! », a lancé le président de la FGTB, Robert Vertenueil.

Il a aussi rappelé les positions de la FGTB durant la législature qui s'achève, le rejet de l'accord interprofessionnel et la dénonciation des « choix socialement injustes » du gouvernement fédéral.  « Il faut que les employeurs redescendent de leur nuage: ça ne doit pas être un luxe de se chauffer, de se soigner, d'avoir un toit au-dessus de la tête », a-t-il affirmé, en souhaitant davantage de justice fiscale.

Thierry Bodson, le secrétaire général de la FGTB, s'est lui aussi adressé à Charles Michel, dénonçant des reculs sociaux de la législature et l'action d'un gouvernement selon lui uniquement à l'écoute des associations patronales.

« A Charles Michel et à ses acolytes, on ne dit pas au revoir mais adieu: foutez le camp, on vous donne votre C4, on vous externalise une fois pour toute! », a-t-il martelé devant les militants, en appelant à une coalition des partis de gauche après le 26 mai.

Présent dans la manifestation aux côtés d'autres personnalités socialistes, Paul Magnette, porte-parole du PS pour la campagne électorale, ne s'est pas exprimé à la tribune dressée par les syndicalistes dans la ville du Premier ministre.

  • Plus de 5000 manifestants à Liège

Une manifestation provinciale se déroule à Liège, rassemblant militants liégeois, verviétois et d’Ostbelgien. Le cortège a démarré à 10h30 depuis la gare des Guillemins, ils seraient près de 5000 selon notre journaliste sur place. Il doit se disloquer place Saint-Paul après une prise de parole de plusieurs membres de la FGTB. La circulation est déviée en fonction de l’avancée des manifestants.

  • Tournai dès l’aube

Les actions ont commencé dès 6h00 ce matin, à Tournai, où des centaines de militants de la SETca de Wallonie Picarde distribuaient des tracts au rond-point Imagix, afin de sensibiliser la population à propos du pouvoir d’achat et de la sécurité sociale. Il est prévu que ces militants rejoignent les locaux de 'L’Espace Wallonie Picarde' à la rue du Follet à Kain (Tournai). « C’est là que se tiendra la concentration de quelque 300 militants avant le départ du cortège. On y rencontrera des représentants de la Fédération des travailleurs de Wallonie et des employeurs. Vers 10h00, on partira à pied vers les bâtiments de la FGTB de Wallonie Picarde à la rue du Crampon «, expliquait vers 06h30 Gaëtan Vanneste, secrétaire interprofessionnel de Wallonie picarde.

Face aux locaux de la FGTB, un podium extérieur accueillera les responsables du SETca pour un débat avec des candidats aux élections du 26 mai prochain. « Ce sont exclusivement des candidats des partis de gauche. Il y aura Marie Arena et Laeticia Liénard pour le PS, Louis Mariage pour Ecolo ainsi que Marco Vanneste et Germain Mugemangango pour le PTB. Trois questions essentielles leur seront posées : d’abord, s’ils sont élus, quelles seront les mesures immédiates qui seront prises ; ensuite, y a-t-il moyen que ces trois partis créent une majorité et enfin, quid de la concertation sociale ? », indique Gaëtan Vanneste.

  • A Bruxelles, « là où on frappait la monnaie »

Plusieurs centaines de manifestants (2000 selon les organisateurs, 650 selon la police) ont peuplé de rouge la place de la Monnaie dés 10 heures.  « C'est ici que l'on frappait la monnaie au Moyen-Âge et c'est ici qu'a commencé la révolution belge en 1830. Aujourd'hui, c'est ici que débute la révolution pour le pouvoir d'achat », a clamé Estelle Ceulemans, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles.

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