Grève dans les prisons: la base rejette les propositions du ministre Geens

Grève dans les prisons: la situation s'enlise, les représentant syndicaux contestés par la base
Grève dans les prisons: la situation s'enlise, les représentant syndicaux contestés par la base - © DAVID STOCKMAN - BELGA

La situation s'enlise dans les prisons francophones, le protocole d'accord obtenu vendredi ne semble pas satisfaire les agents pénitentiaires. Ceux qui ont déjà voté ce samedi l'ont rejeté massivement. Lors des nouvelles assemblées générales qui ont eu lieu ce dimanche, à Nivelles et Dinant, les gardiens ont également rejeté les propositions.

A Dinant, les agents en grève ont décidé de poursuivre le mouvement "jusqu'au finish". Ils réclament l'arrêt complet du projet de rationalisation et la reconnaissance d'un réel statut pour les agents pénitentiaires. "Avec ce protocole d'accord, on nous a servi la même soupe qu'avant, mais un peu différemment. On veut un retour au cadre de 2014. Par ailleurs, on réclame la création d'un groupe de travail pour que les agents obtiennent un statut dans lequel on inclurait le service minimum, les horaires, etc." a indiqué le délégué CGSP Denis Pascal.

Les agents de la prison de Dinant ont par ailleurs eu le sentiment d'avoir été trahis par une déclaration faite il y a quelques jours par le secrétaire fédéral de la CGSP, Michel Jacobs. "Il savait très bien ce qu'on demandait. On nous a demandé de se remettre au travail alors que nous n'avions finalement rien de nos revendications. Mais on connaît également les difficultés liées aux négociations. On discutera de cela quand un accord aura été trouvé", a conclu Denis Pascal. A Dinant, la grève concerne 40 agents.

Demandes de démission vis à vis des représentants nationaux

Une situation tout à fait inédite pour Marc Dizier, directeur de la prison d'Andenne et président de l'association des directeurs des prisons francophones: "Ce qui a fondamentalement changé c'est que les organisations locales des différents établissements sont maintenant en conflit avec leur propre hiérarchie syndicale puisque j'ai entendu parler de demandes de démission au départ des organisations locales par rapport à leurs représentants nationaux. Je n'ai jamais connu de tels blocages et certainement pas de telles oppositions. D'autre part, cette grève me semble très différente car dans le passé la revendication était d'obtenir du personnel supplémentaire alors que cette fois c'est la première fois que l'objectif est de ne pas perdre du personnel". Un signe de l'évolution sociale des vingt dernières années.  

 

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