Grève au finish à la prison de Lantin

Grève au finish à la prison de Lantin
Grève au finish à la prison de Lantin - © Erik Dagonnier - RTBF

A Lantin, le personnel de la prison a décidé en front commun, de poursuivre la grève au finish. Les syndicats dénoncent les dernières mesures prises par le gouvernement lors du dernier ajustement budgétaire avec une grève des fonctionnaires fédéraux.

A Lantin, ils sont habituellement 636 gardiens pour un total de 1000 détenus, en ce compris les détenus transférés de la prison de Verviers, fermée il y a 5 ans. Les économies dans les budgets de fonctionnement ne passent pas. D’après les syndicats, la direction souhaite diminuer le nombre de gardiens à 570.

"Le gouvernement, qui veut la diminution de 10% de personnel sur la législature complète, l’a déjà fait en un an. On se retrouve avec des sections de 80 détenus où on travaillait à trois et où nous devons maintenant travailler à deux" explique Manuel Lamoline, président de la délégation CGSP à la prison. A cela, s’ajoute la gestion des détenus plus agités suites aux événements d’actualité. " Avec les attentats que nous avons subis, nous avons de plus en plus de cas difficiles ".

Les policiers également débordés

"Pour l’instant, c’est la police en très petit nombre qui assure la sécurité" assure Manuel Lamoline. Le service minimum est fixé à 100 gardiens. Aujourd’hui, 15 à 20 policiers assurent la sécurité avec l’appui de 15 membres de la protection civile et 20 gardiens supplémentaire. Ces mêmes policiers sont d’ailleurs débordés et ont déposé un préavis de grève en 2014.

Les gardiens, les policiers et les détenus se plaigent d'un climat dangereux. Seuls les médicaments et les repas seront distribués à la prison. " Il n’y aura pas de sorties préau ni de visites. Les esprits s’échauffent déjà et les détenus ressentent ce manque de personnel sur leur bien-être" poursuit le syndicat CGSP.

A l'établissement de défense sociale de Paifve, où travaillent habituellement 250 personnes, les revendications sont les mêmes : "Les 10% d’économie sur la masse salariale sont recherchés en rationalisant les prisons, en diminuant les effectifs alors qu’ils sont déjà en peau de chagrin. Il y a également une modification des horaires et la suppression de nos jours de maladie. Un agent qui aurait la malchance d’être malade plus de 21 jours par an se retrouvait avec 60% de son salaire. Ces mesures sont complètement imbuvables" explique Roland Bolly, président de la délégation CGSP.

Dans cet établissement, il n’a pas encore été décidé si la grève allait se poursuivre au-delà d'aujourd’hui. Une assemblée se tiendra ce mercredi matin.

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