Grève à la SNCB Logistics: réunion de conciliation lundi

Les travailleurs de Monceau-sur-Sambre et d’Anvers ont décidé de se croiser les bras.
Les travailleurs de Monceau-sur-Sambre et d’Anvers ont décidé de se croiser les bras. - © Belga

La grève spontanée de conducteurs de trains de marchandises, qui a éclaté mercredi à 14h00 au dépôt d'Anvers, s'est étendue à d'autres sites en Wallonie. Ce mouvement devrait se terminer ce jeudi à 22h00, les syndicats ayant entre-temps été invités par la direction de la SNCB-Holding à une réunion de conciliation.

 

Les travailleurs de la gare de Monceau-sur-Sambre, près de Charleroi, se croisent les bras depuis mercredi après-midi. C'est la plus importante gare marchandise du sud du pays. Les travailleurs de Ronet ont débrayé mercredi soir. Quant à la gare d'Anvers, tout le trafic marchandise y est à l'arrêt. 

Les travailleurs ont débrayé pour manifester leur inquiétude quant à la santé financière de la branche marchandise de la SNCB. Aussi, ils ne voient pas d'un très bon œil les projets de restructuration envisagés par le ministre des Entreprises publiques, Paul Magnette.

Une action spontanée est également menée à Anvers. Seules deux personnes sur treize ont pris leur service la nuit dernière à Monceau-sur-Sambre. Il ne s’agit pas d’une grève bloquante. L’impact sur le trafic "voyageurs" n’a consisté qu’en quelques retards. 

Concernant les raisons de ce mouvement de grève : les travailleurs se disent inquiets quant à la santé financière de la branche "marchandise" de la SNCB. Inquiétude renforcée par l’annonce d’une restructuration du groupe, qui pourrait isoler un peu plus cette branche de la SNCB déjà très endettée.

"Nous avons de grands points d’interrogation quant à l’avenir de la gare de Monceau, déclare Vincent Pestieau (secrétaire permanent CGSP Cheminots). La dernière gare de triage au sud du pays disposant de plusieurs voies. A l’heure actuelle, nous ne pouvons pas garantir sa pérennité à nos affiliés." Et les syndicats de demander des garanties d’investissements pour l’avenir, tant de la part de la direction que du politique.

 

Une réunion de conciliation aura lieu ce lundi à 10h00. D'ici là, les actions spontanées qui ont éclaté ces dernières heures devraient prendre fin. "Nous ferons tout pour que le trafic reprenne normalement, notamment à Anvers", a déclaré à l'agence Belga Dominique Dalne, du syndicat CSC-Transcom, estimant que l'invitation de la direction permet une "ouverture du dialogue social".

Paralysie totale à Anvers : la France est indirectement touchée aussi

Le trafic marchandise, à Anvers, y est effectivement totalement bloqué. La crainte est la suivante : une véritable perte de statut de cheminots si les conducteurs sont versés dans une filiale de la SNCB.

L'échevin du port d’Anvers, Marc Van Peel, dénonce cette paralysie de l'activité portuaire, qui a une incidence économique importante. "C’est à Anvers que le mouvement a commencé, précise Vincent Pestieau. On peut dire aussi que c’est à Anvers qu’il a le plus de conséquences. Car il faut bien savoir qu’Anvers est presque le premier port français, pourrait-on dire. Il y a même un dépôt de conducteurs français qui se trouve en gare d’Anvers. Pour le moment, la gare est carrément à l’arrêt. Tout le secteur marchandise de Belgique – mais également avec des répercussions sur le trafic français – est à l’arrêt aujourd’hui."

Fabrice Gérard, Catherine Tonero, Michel Lagase

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