Modave, Tinlot et Marchin: à la découverte des métiers techniques

Atelier menuiserie: les enfants restaurent la charpente du kiosque de Marchin.
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Atelier menuiserie: les enfants restaurent la charpente du kiosque de Marchin. - © Tous droits réservés

Dans les communes de Marchin, Modave et Tinlot, chaque mercredi après midi de fin avril à début juin, 26 élèves de sixième primaire participent à des ateliers de découverte de métiers techniques, tels que couvreur, menuisier, horticulteur et boulanger. Cette initiative porte le nom de Graine d'Artisan et en est à sa 2e édition. L'objectif de l'ASBL Devenirs, l'organisateur, est d'éveiller l'intérêt pour des métiers souvent méconnus et pourtant pourvoyeurs d'emplois.

Visser, clouer, scier : dans l'atelier menuiserie et couverture, quatorze élèves de sixième année primaire s'affairent à rénover le kiosque de la place de Marchin. Si le geste est parfois encore hésitant, la volonté de bien faire et d'apprendre est manifeste dans le chef de ces apprentis d'un jour. Pendant trois mercredis d'affilée, d'avril à juin, ces enfants ont choisi d'apprendre le métier de couvreur et de menuisier. Pour ce faire, ils sont encadrés bénévolement par des artisans expérimentés, heureux de pouvoir transmettre la passion pour leur métier.

Autres ateliers proposés dans le cadre de cette deuxième édition de Graine d'Artisan : l'horticulture à Modave et la boulangerie-pâtisserie à Tinlot. Là, les enfants apprennent à travailler la terre, d'un côté, la pâte et différents ingrédients de l'autre. L'objectif de l'initiative est bien entendu d'ordre pédagogique mais pas seulement. Le but est aussi et surtout de revaloriser des métiers méconnus des jeunes - et moins jeunes - et avec eux, les filières techniques qui y conduisent, souvent délaissées à tort, puisque ces métiers techniques sont dans la plupart des cas synonymes de débouchés professionnels rapides et épanouissants. "Dans le secteur bâtiment, pour l'artisan qui maîtrise bien son métier, il y encore et toujours énormément de boulot," précise Valentin Angelicchio, artisan-couvreur, formateur pour Graine d'Artisan. "En tant que couvreur, je ne sais pas où donner de la tête. Et il y a clairement un manque de bons artisans."

Pérenniser des savoir-faire

Autre objectif visé: la transmission intergénérationnelle des savoir-faire d'artisans en fin de carrière ou pensionnés, avec l'espoir de susciter des vocations et ainsi pérenniser ces savoirs. Car les enfants sont un public très réceptif et apprennent vite et avec plaisir. De plus, à leur âge, il est déjà question d'orientation scolaire, plus ou moins décisive pour leur avenir professionnel : "En 5e et 6e année primaire, explique Alain Deliège, de l'ASBL Devenirs, organisateur de Graine d'Artisan, c'est le moment où les enfants font le choix de leur école secondaire, qui oriente donc le choix de leurs études. Donc pouvoir déjà s'orienter à ce moment-là vers des filières techniques nous semble un enjeu important." Pas trop tôt pour être éveillés aux métiers qui seront peut-être les leurs demain.

Perrine Willamme
 

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