Gilets jaunes: que s'est-il passé à Feluy dans la nuit de lundi à mardi?

Gilets jaunes: que s'est-il passé à Feluy dans la nuit de lundi à mardi?
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Gilets jaunes: que s'est-il passé à Feluy dans la nuit de lundi à mardi? - © Tous droits réservés

Ce matin, vers 6 heures, ils n'étaient plus qu'une dizaine de gilets jaunes à proximité du dépôt pétrolier de Feluy alors que d'autres manifestants s'apprêtaient à prendre le relais après une nuit agitée. Ce groupement se dit "pacifiste", et déplore ce matin les actions menées cette nuit au même endroit. Il ne reste ce mardi que les arbres qui entravent la route et la carcasse calcinée d'un camion. Les manifestants présents ce matin estiment que les actions n'ont pas été menées de la bonne façon.

"Ce sont des gens qui sont comme nous, qui n'acceptent pas certaines choses. Ils considèrent que le fait d'être pacifiste ne règle rien, apparemment", regrette  Benoît Coekelbergs. Ce manifestant habillé d'un gilet jaune se dit "pacifiste" mais est surtout choqué par la tournure des événements nocturnes. "Ça c'est un arbre qu'ils ont coupé avec une scie à main", raconte-t-il.


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L'homme nous emmène de l'autre côté du pont, où un camion citerne a été incendié. "Quand ils ont appris que la police allait arriver, les chefs du mouvement de rébellion ont dit 'On va mettre le feu au camion'", se souvient le gilet jaune. Un groupe de personnes se seraient, selon lui, rué sur le véhicule avant d'y mettre le feu. Le chauffeur serait quant à lui sorti de l'habitacle au moment de cet "assaut".

 

Aucun signe de la police

Pourtant, malgré les rumeurs qui ont couru durant toute la nuit parmi les manifestants, la police n'est jamais arrivée sur place avant ce matin, pour dégager l'E19 qui était bloquée dans les deux sens de circulation. "La police n'est jamais venue. Cela fait depuis 21 heures qu'on dit que la police va venir mais elle n'est jamais venue", témoignait Benoît Coekelbergs ce matin.

Les troncs d'arbres étendus sur le bitume de la Tienne à Coulons, qui relie la sortie de l'E19 au dépôt de carburant de Feluy, bloquent le passage de certaines voitures et sont le vestige d'actions menées dans la nuit de lundi à mardi aux abords du dépôt hennuyer.

Un mouvement hétérogène

Si les manifestants ont d'abord été qualifiés de "casseurs" par certains coordinateurs des manifestations, ces derniers, arrivés sur place suite à une action de police menée lundi en milieu de journée se revendiquent eux aussi du mouvement. Ce flou qui entoure la nature et l'identité des manifestants témoigne de la diversité des individus qui composent les "gilets jaunes".

"Nous ne sommes pas des casseurs, sinon on ne serait pas là en train de vous parler, on serait en train de vous cogner", a témoigné un homme présent hier soir. "On n'est pas là pour ça mais on veut que ça change." Ces revendications sont corollaires à celles affichées depuis le début du mouvement sur les réseaux sociaux.

Parmi les personnes présentes hier soir figuraient des jeunes, des hommes et des femmes. Difficile donc d'établir un profil type des gilets jaunes ayant participé aux actions de la nuit puisque ce sont des personnalités de tous types que l'on pouvait recenser.

"Nous sommes pacifistes et la police vient agresser les gens. C'est tout à fait inacceptable", déclarait une autre manifestante au micro de la RTBF. La présence de cette mère de famille aux abords du dépôt de Feluy était dûe aux opérations policière menées quelques heures plus tôt.

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