Gilets jaunes en Belgique: après une intervention à Feluy, les manifestants bloquent à nouveau le dépôt

Gilets jaunes en Belgique: la police intervient à Feluy, trois arrestations administratives
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Gilets jaunes en Belgique: la police intervient à Feluy, trois arrestations administratives - © Tous droits réservés

Les gilets jaunes belges en sont à leur quatrième jour de mobilisation. Ce mouvement, né sur les réseaux sociaux du côté français, en réaction à l'augmentation du prix des carburants à la pompe, s'est étendu à la Wallonie. Un bras de fer est en cours entre les manifestants d'un côté, et la police et les huissiers de justice de l'autre, sur les sites où le pétrolier a porté plainte.


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Quelques centaines de personnes bloquaient quatre dépôts pétroliers vendredi, un mouvement qui a perduré ce week-end. Plusieurs dizaines de personnes sont encore présentes ce lundi à Wierde (province de Namur), Feluy (Hainaut), Wandre et Sclessin (province de Liège). Contrairement à ce qui avait été décidé au début du mouvement, les camions chargés de mazout de chauffage sont également bloqués, ce que déplore la Brafco, la fédération belge des négociants en combustibles et carburants.

Un barrage filtrant a également été mis en place ce lundi matin à Hensies, provoquant des embarras de circulation sur l'E19 (l'A2 du côté français) durant la matinée. Ces ralentissements sont toujours en cours actuellement.

  • Feluy

Suite à une intervention de la police, les barrages installés devant le dépôt ont finalement été levés. Une trentaine de manifestants ont profité de la situation pour reprendre possession des lieux et bloquer à nouveau le lieux. Selon nos toutes dernière informations, ce chiffre est monté à une centaine de personnes lundi soir, tandis que la situation s'enflamme peu à peu. Des casseurs se seraient mêlé aux manifestations, faisant exploser des pétards avant de commencer à scier un arbre. En début de soirée, la police n'était pas encore sur place.

Une cinquantaine de personnes bloquaient encore le dépôt de Total ce matin. Les camions pouvaient rentrer dans le dépôt, ou faisaient demi-tour, mais aucun n'en sortait. Les forces de l'ordre ont chargé, à l'aide d'une autopompe, pour casser le barrage. Trois manifestants ont été arrêtés administrativement : une  personne désignée comme "trouble-fête" par les manifestants, ainsi que deux personnes qui ne voulaient pas quitter les lieux, et ont été privées de liberté pour troubles de l'ordre public. L'opération s'est déroulée sans incident.

Le groupe de protestataires a pris la direction de l'E19 pour mener une opération escargot, qui a duré une demie-heure.

  • Wierde

Aucun camion ne peut entrer ni sortir dans le dépôt Proxifuel de Wierde. Les manifestants restent déterminés, et insistent sur le fait que les taxes sur les carburants ne sont qu'une revendication parmi d'autres: le ressenti est que la Belgique "d'en bas" n'est pas écoutée. La méfiance envers le monde politique, les syndicats et les médias est palpable, illustrant le côté anti-système du mouvement.

La société Proxifuel ne s'est pas encore exprimée officiellement mais n'a visiblement pas encore porté plainte. La police est en revanche passée remettre un peu d'ordre sur place afin que les camions ne stationnent pas sur la N4 et que la circulation n'y soit pas gênée.

Des manifestants qui s'en vont et puis reviennent

  • Wandre

Des huissiers sont descendus à Wandre, ce lundi vers 8h, afin d'obliger les protestataires à quitter les lieux. Les manifestants ont refusé toute interview à nos journalistes.

Quatre piquets, réunissant une quarantaine de manifestants au total, étaient positionnés aux abord du pont de Wandre et aux accès à l'avenue de l'Indépendance, où se situe le port pétrolier et les dépôts de chez Total et Avia, depuis vendredi. Un conducteur de poids lourd avait même montré sa solidarité en plaçant son camion en travers du passage du pont de Wierde.

  • Sclessin

A Sclessin, un huissier a fait lever un des deux piquets du dépôt Total tôt ce lundi matin... avant d'être rapidement remis en place par les manifestants. Ils risquent 5000 euros d'amende par personne, et par camion.

Risque de pénurie de carburant ?

La Brafco écarte toutefois tout risque de pénurie de carburant même si le réapprovisionnement prend davantage de temps ce lundi. "Il n'y a pas de raison de paniquer, surtout que nous avons d'autres solutions en cas de besoin." Ce lundi pourtant, les réseaux sociaux parlent de pompes vides à Bruxelles et dans la région liégeoise.

En France, le premier jour du mouvement, ce samedi 16 novembre, a réuni près de 300.000 manifestants à travers tout le pays, et a connu des débordements, assez graves dans certains cas. Une manifestée est décédée après avoir été heurtée par une voiture, plus d'une centaine de personnes ont été blessés, dont 5 gravement. Le ministre de l'Intérieur a fait état de 117 interpellations et 73 gardes à vue, pour la journée de samedi.

Sophie Mergen en direct de Feluy pour le journal de la mi-journée :

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