Gesves se plaint des avions de Beauvechain à la Défense

Le village de Gesves se trouve dans zone d'écolage des pilotes (en jaune)
Le village de Gesves se trouve dans zone d'écolage des pilotes (en jaune) - © © tous droits réservés

Le Bourgmestre José Paulet a envoyé un courrier à Pieter De Crem au mois d'avril. Depuis deux ans, des habitants sont excédés par le bruits des avions militaires. Des appareils qui servent principalement à l'écolage des jeunes pilotes et qui survolent régulièrement les habitations.

Guy Jacob habite Gesves depuis 18 ans. Et plusieurs jours par semaine, par beau temps, il ne peut pas profiter de son jardin. "C'est comme un essaim d'abeilles, mais très proche et très énervant"... Le village de Gesves se trouve en fait dans la zone d'écolage de la base de Beauvechain dans le Brabant Wallon. C'est là que les pilotes soumetent leur avions à des situations de vol critique... Panne de moteurs, décrochage, loopings... Des figures bruyantes, notamment sur les avions Marchetti. "Nous avons les Marchetti jaunes, que pilotes les élèves, les Marchetti rouges, les F16 qui volent à basse altitude, ou encore les hélicoptères Agusta", explique Guy Jacob. "Ça se passe quatre fois par semaine, sauf quand il pleut ou quand le ciel est bas. Ces jours-là, impossible de profiter du jardin de 9h du matin à 16h45".

Du côté de l'armée, on reconnait et on déplore ces nuisances, mais on explique ne pas avoir d'autre solution pour s'entraîner. "C'est un espace très important pour nous parce qu'il est situé entre 4500 et 9000 pieds et qu'il nous permet de réaliser les exercices que l'on ne peut pas faire à basse altitude", explique le Colonel Frédéric Givron, commandant du centre de compétence de la Force Aérienne de Beauvechain. De plus, le ciel belge est complètement saturé : La zone d'écolage est coincée entre les aéroports civils de Liège, Charleroi et Bruxelles. Au début 2012, l'armée a déjà dû la déplacer vers le sud pour laisser la place aux avions civils. C'est depuis qu'elle recouvre le village de Gesves. Et selon le Colonel Givron, cela ne devrait pas changer rapidement: "Reculer d'avantage cette zone vers le sud risque d'engendrer d'autres nuisances sur d'autres villages. En plus il faut évaluer le coût budgétaire que cela impliquerait. Puisqu'on aurait des temps de transit beaucoup plus important, donc, il y aurait un accroissement des heures de vol, et donc, un impact sur le budget de la Défense".

Serge Otthiers

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