Gesves: fusils et battues pour sauver les daims fugitifs

Un des daims fugitifs profite allègrement des légumes du potager d'un habitant de Haut-Bois.
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Un des daims fugitifs profite allègrement des légumes du potager d'un habitant de Haut-Bois. - © Rtbf

La menace d'abattage des daims fugitifs de la région de Gesves, dans le namurois, s'éloigne. Ce mercredi, le bourgmestre José Paulet confirmait l'organisation de battues et l'intervention d'un vétérinaire dans le but d'anesthésier les cervidés.

Le vétérinaire a fait une première tentative d'intervention mardi soir déjà. "Il a utilisé un fusil à fléchettes anesthésiantes. Mais ce premier essai a échoué", explique le bourgmestre. "Le premier tir n'a pas touché l'animal visé. Et la détonation a fait fuir les 5 daims présents. Des battues vont aussi être organisées. Contrairement à ce que certains auraient voulu ou affirment, il n'est pas question d'abattre les animaux. D'autant qu'il y a actuellement des femelles en période de gestation. Et que ces animaux sont suffisamment pris pour cible en période de chasse".

Reste que la technique des fléchettes anesthésiantes n'est pas sans risque pour les femelles concernées. 

Candidats à l'adoption

Plusieurs personnes se sont déclarées prêtes à adopter l'un ou l'autre daim. "Mais réussir à capturer ces animaux n'est pas évident", souligne le bourgmestre. Un comité de défense des cervidés s'est mobilisé pour éviter l'abattage des daims qui errent dans la nature (et dans les jardins et les potagers) depuis 3 mois.

Les défenseurs des animaux ont récemment critiqué la dérogation accordée par la Région wallonne afin d'autoriser un abattage exceptionnel en dehors de la période de chasse habituelle. Leur voix semble aujourd'hui avoir été entendue.

Pas de daim dans mon jardin 

"Plusieurs daims sont rentrés dans notre potager", explique une habitante qui a porté plainte. "Ils ont mangé nos légumes, les jeunes pousses des arbres fruitiers et piétiné des plantations. Nous n'en voulons pas à ces animaux. Mais à leur propriétaire qui aurait dû les récupérer. Car ces daims étaient déjà dans la nature l'an dernier. Ce n'est donc pas une première", précise la plaignante qui souhaite qu'on capture les animaux en douceur.

Ils sont sur ma terrasse

Avis différent chez un voisin, à deux pas de là. "Ces daims ont l'habitude de venir me faire un petit bonjour (presque tous les jours) sur ma terrasse", dit l'habitant. "Chez moi, ils ne font aucun dégât et je les trouve adorables", dit un autre riverain. "C'est Bambi à la maison", dit un papa.

La majorité des habitants rencontrés affirment ne pas souhaiter l'abattage des animaux. Ils prônent une capture "en douce".

Un propriétaire exaspéré

"Mes 8 daims sont sortis parce qu'un inconnu a sectionné la clôture de mon terrain", assure Luc Blom, propriétaire des 8 daims en fuite. "Je regrette que certains habitants portent plainte pour une fleur dévorée ou un ressort de barrière cassé. Les dégâts occasionnés par les daims sont minimes. Et je tiens à préciser que d'autres daims ont rejoint le groupe formé par mes animaux. Il y a plusieurs groupes d'individus dans la région. Et une partie des dégâts peuvent évidemment être dus à des bêtes qui ne m'appartiennent même pas. En attendant, je suis assailli de questions et de remarques. Je dois rencontrer les experts en assurances. Comment savoir si un de mes daims est responsable ou non d'un dégât. Je ne veux pas, en tout cas, qu'on tue ces animaux maintenant. C'est la période de gestation. Et s'il fallait vraiment abattre des animaux avant la période officielle de chasse, il faudrait se limiter aux mâles. Le mieux, ce serait de capturer les daims. Mais ce n'est pas sans risques. Surtout pour les femelles. Moi, je souhaite que toute cette histoire se termine au plus vite. Car je suis exténué".   

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