Gesù: expulsion prévue samedi

L'arrêté de police donne 24 heures aux quelque 225 occupants pour évacuer les lieux et demande au propriétaire de prendre les dispositions pour condamner les différents accès. Les occupants ont décidé de résister pacifiquement en vue d'être relogés. Ils appellent le monde associatif à venir les soutenir sans violence.

Différentes solutions relatives au futur des occupants ont été évoquées lors d'une réunion entre les squatteurs, leur avocats et différentes associations. Ces 220 personnes, parmi lesquelles 90 enfants, seront condamnés à vivre dans la rue après leur expulsion et les avocats tentent de leur éviter cela.

Le secrétaire d'Etat bruxellois Christos Doulkeridis a également fait savoir qu'il entendait chercher un nouveau logement temporaire pour les occupants mais n'a reçu aucune réponse du bourgmestre quant à sa demande de rencontre. "Nous attendons ici avec différentes associations sa venue mais Emir Kir ne s'est pas montré", explique Me Beauthier.

Les occupants du Gesù devront avoir quitter le couvent pour samedi matin 6 heures. "Mais nous allons essayer d'éviter cela le plus longtemps possible. Sans violence et aussi pacifiquement que possible, avec un sit-in par exemple", ajoute l'avocat.

Pas de rencontre vendredi

La rencontre envisagée entre les occupants de l'église du Gesù, le Secrétaire d'Etat Christos Doulkeridis (Ecolo) et le bourgmestre de Saint-Josse-ten-Node Emir Kir (PS) n'a pas eu lieu vendredi soir. Le bourgmestre n'a pas répondu à l'invitation, a fait savoir le cabinet du Secrétaire d'Etat à l'agence Belga. La réunion n'aurait éventuellement eu lieu qu'en présence du bourgmestre mais celui-ci s'abstient pour l'instant de tout commentaire.

Le Secrétaire d'Etat a appelé plus tôt dans la journée de vendredi le bourgmestre à une concertation sur le sort des occupants du Gesù mais celui-ci n'y a pas donné suite. Leur sort est dès lors plus qu'incertain.

Le bourgmestre avait fait reposer sa décision sur le rapport du Service de l'hygiène de la commune rendu le 21 octobre dernier et sur celui du Service d'incendie et d'aide médicale urgente de la Région de Bruxelles-Capitale rendu le 14 octobre. Emir Kir estime que les problèmes d'insécurité sont ingérables dans un bâtiment d'une telle ampleur et veut privilégier les projets à taille humaine.

Tenant compte de la multiplication des procès-verbaux de la police et des plaintes du voisinage, des problèmes de prostitution et de violence, ainsi que du manque d'équipements adaptés, les autorités communales ont considéré qu'elles devaient réagir devant l'urgence de la situation.

Mais du côté des occupants de l'église du Gesu, interviewés par Yasmina Favaro (RTBF Radio), c'est l'incompréhension.

RTBF avec Belga

Appel à la solidarité

Pour la prise en charge et le relogement des occupants, la commune met sur pied une Task force en collaboration avec le CPAS de Saint-Josse, le Samusocial, et Fedasil. Elle portera une attention particulière aux familles avec enfants. Par ailleurs, le bourgmestre lance un appel à toutes les autorités compétentes afin qu'elles mettent rapidement à disposition des logements.

 

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Image J. Bader et Y. Favaro (RTBF) © Tous droits réservés

"Cela fait une semaine que nous attendions avec Christos Doulkeridis (secrétaire d'Etat bruxellois en charge du Logement) une réunion avec le bourgmestre", défend Me Beauthier. "Nous déplorons qu'il décide d'une expulsion la veille du premier novembre." Les occupants s'attendent à être expulsés samedi au petit matin, conformément aux 24 heures de délai indiqué sur l'arrêté de police. Ils ont décidé de résister pacifiquement et demandent un soutien sans violence.

La commune a assuré avoir mis sur pied une cellule pour organiser le relogement des personnes. Les occupants sont décidés à faire respecter cet engagement.

Belga

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