Gerpinnes : un poteau d'éclairage d'une nouvelle génération

En Wallonie, Orès gère quelque 450.000 points lumineux. L’éclairage public, dans les communes, est installé principalement sur des poteaux, 280.000 sur le réseau d’éclairage public wallon. Longtemps, ces poteaux ont été en bois. Un matériau évidemment sensible aux intempéries et sujet à la putréfaction. Progressivement, ces vieux poteaux, certes charmants mais peu résistants au temps, ont été remplacés par des poteaux en béton. Ces derniers ont l’avantage de la résistance mais l’inconvénient du poids : entre 600 et 700 kilos ! L’installation des poteaux en béton nécessite un matériel lourd et encombrant. Dans les ruelles, venelles, sentiers publics dotés de l’éclairage public, on recourt donc encore aux bons vieux poteaux en bois. Il y en a encore 12.000, gérés par Orès.

Alternative composite

À Gerpinnes, Orès a procédé à la pose d’un tout premier poteau d’un genre nouveau. Il est creux, ne pèse qu’une cinquantaine de kilos pour une longueur de neuf mètres et est fabriqué en fibre de verre, un matériau composite léger et extrêmement résistant. C’est une expérience pilote, comme l’explique Jean-Michel Brebant, le porte-parole d’Orès : "ces poteaux sont déjà utilisés en France. Pour nous, il s’agit d’un tout premier test. L’endroit choisi pour son installation, c’est une petite ruelle du quartier des Haies à Loverval, où les engins nécessaires pour l’installation de poteaux en bétons ne peuvent pas accéder. Ces poteaux d’un nouveau genre sont manipulables par une équipe restreinte et nécessitent des moyens d’installation très réduits. C’est déjà en soit une fameuse économie. Le matériau composite offre par ailleurs une durabilité plus importante que le bois. Il faudra donc, a priori, les remplacer moins souvent. C’est une autre économie. Enfin, ce poteau coûte 300 euros. C’est 15 à 20% moins cher que les poteaux en béton".

Expérience pilote

Le poteau installé à Loverval aura fonction de test. Il s'agit d'évaluer aussi sa résistance à la charge, une fois installé le matériel lumineux qu’il doit supporter. "Avant d’étendre l’utilisation de ce nouvel équipement, il va y avoir évaluation, précise Jean-Michel Brebant. Il s’agit aussi d’observer sa résistance et celle de son installation aux intempéries et aux vents. Il ne s’agit dans un premier temps de n’utiliser ce poteau que pour le réseau d’éclairage public. Le SIPP, notre service interne de prévention et de protection, devra rendre un triple feu vert avant que nous puissions recourir progressivement à cette nouvelle technologie. Ensuite d’autres tests seront peut-être menés pour l’installation de lignes électriques".

Les goûts et les couleurs…

Cerise sur le gâteau, le poteau en fibre de verre est orné d’une peinture qui simule le bois, de manière à se qu’il se confonde avec l’environnement naturel. Pour l’anecdote, le bourgmestre de Gerpinnes, Philippe Busine, qui assistait à la pose de ce tout premier poteau d’une nouvelle génération ne trouve pas que cet ornement "faux bois" soit une grande réussite ! Rappelons qu’avant d’être bourgmestre, Philippe Busine est architecte. On comprend évidemment, dès lors, ses exigences en matières esthétiques !

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