Georges Simenon est mort il y a 25 ans, un projet de musée en cours

550 millions d'exemplaires des œuvres de Simenon ont été vendus à travers le monde.
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550 millions d'exemplaires des œuvres de Simenon ont été vendus à travers le monde. - © JOHN THYS - BELGAIMAGE

Il y aura 25 ans jeudi que Georges Simenon, le père du commissaire Maigret, est décédé. L'écrivain, dont plusieurs titres seront réédités à l'occasion de cet anniversaire, reste sans aucun doute dans le cœur et "l'ADN" des Liégeois. La création d'un centre muséal à Liège qui lui serait dédié est d'ailleurs toujours d'actualité. Au mois de juin 2014, on comptait 550.000.000 exemplaires de l'auteur vendus à travers le monde, toutes éditions confondues, selon les éditions Omnibus.

La Ville de Liège n'organise rien de spécifique pour les 25 ans de la disparition de Georges Simenon, car l'homme est de toute façon "dans l'ADN" de la ville, a commenté le cabinet de l'échevin de la culture, Jean-Pierre Hupkens. La Ville organise par contre déjà des parcours et promenades "Sur les traces de Simenon", qui plongent les participants au cœur des lieux ayant bercé l'enfance de l'écrivain ainsi que dans l'univers du commissaire Maigret. Des arrêts sont notamment prévus sur la Place Saint-Lambert, où se sont rencontrés les parents de l'écrivain, ainsi qu'à l'église Saint-Pholien.

En 2010 est né le projet de créer un musée Simenon au cœur de la Cité ardente, imaginé par John Simenon, son fils. Le projet prévoyait à l'époque la construction d'un nouveau bâtiment, idéalement en bord de Meuse, d'une superficie totale d'environ 5000 m2. Plusieurs lieux avaient été évoqués, comme la Boverie ou la place de l'Yser.

Un projet de musée financé par le privé

Aujourd'hui, le projet est toujours en cours, a indiqué le Groupement de Redéploiement Economique (GRE) pour le Pays de Liège, autre initiateur. Mais le lieu privilégié actuellement serait le site du Val Benoît, pour que le musée profite du rayonnement du tram et de la position proche de la Meuse. "Un accord a été trouvé pour le lieu mais rien n'a encore été acté", a précisé Catherine Robert, du GRE. Le projet serait essentiellement financé de manière privée et "plusieurs investisseurs ont déjà marqué leur intérêt". Des rendez-vous seront notamment organisés en septembre. Aucune échéance précise n'est cependant avancée pour l'aboutissement du projet.

Table ronde internationale le 9 décembre

Par ailleurs, une table ronde internationale sera organisée le 9 décembre à l'Université de Liège réunissant des spécialistes de Simenon et de l'écrivain italien Leonardo Sciascia, à l'occasion des 25 ans de la disparition du Liégeois, annonce Laurent Demoulin, responsable du Centre d'études et Fonds Georges-Simenon de l'Ulg.

Autre initiative, les éditions Omnibus, ayant fait de 2014 "l'année Simenon", rééditent plusieurs romans de l'auteur, comme '6 enquêtes de Maigret', illustrées par le dessinateur et auteur de bandes dessinées Jacques de Loustal, ainsi que l'intégrale des nouvelles "hors Maigret" en deux tommes, sous le titre "Nouvelles secrètes et policières".

Enfin, depuis juin 2013, les archives et la pipe de l'écrivain ont fait leur retour en Belgique, plus précisément à Liège, après être restés dans sa maison de Lausanne, en Suisse. Parmi les documents se trouvent notamment le manuscrit de "Un nouveau dans la ville" mais aussi des pré-éditions originales de ses œuvres dans des journaux français et étrangers.

Georges Simenon est né à Liège en 1903 et mort à Lausanne le 4 septembre 1989. D'abord commis dans une librairie, il trouve ensuite sa voie dans le journalisme, à La Gazette de Liège. Sous le nom de Monsieur le Coq, il signe un billet quotidien: "Hors du poulailler. Au Pont des Arches" qui constitue sa première publication (1921). Il publie par la suite une série d'ouvrages alimentaires sous divers pseudonymes. Installé à Paris, il produit à un rythme forcené des contes, des nouvelles et des romans. Sans grande importance lorsqu'il apparaît pour la première fois dans "Le Train de nuit", Maigret devient le personnage central de l'œuvre de Simenon et fut le héros de 75 romans policiers et 28 nouvelles de l'auteur. L'écrivain séjournera dix ans en Amérique (1945-1955), avant de s'installer en Suisse où il finira paisiblement ses jours.

En 1972, il décide de ne plus écrire, mais, utilisant un magnétophone en lieu et place de la machine à écrire, il alimente de ses réflexions les "Dictées" publiées en 21 volumes. Menée tambour battant, l'intrigue de ses romans policiers ne peut faire oublier les dons d'observation, la peinture réaliste de la société du XXème siècle, ni même la psychologie des personnages. Avec une apparente indifférence, les meilleurs de ses romans et la série des Maigret (au total plus de 300 titres en 34 ans) brossent un panorama du temps. L'influence de ses vingt premières années passées à Liège transparaît dans nombre de ses ouvrages. Sous des cieux d'Amérique ou d'Europe, il donne vie à des gens ordinaires, en qui chacun peut se reconnaître. C'est cette volonté sobre de réalisme quotidien, même en situation de conflit, qui a sans doute fait son succès.

Georges Simenon reste encore aujourd'hui l'un des auteurs de langue française le plus traduit. Son œuvre a été transposée en 55 langues et publiée dans 44 pays. Au total, à la date de juin 2014, 550 millions d'exemplaires avaient été vendus à travers le monde, toutes éditions confondues, a précisé à Belga Anne Berthélémy, attachée de presse des éditions Omnibus. Son œuvre est en cours de traduction ou retraduction dans de nombreux pays comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas ou le Brésil.


Belga

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