Genappe poursuit sa lutte contre les inondations

La ZIT (Zone d'immersion temporaire) de Glabais. 2726 m³ de capacité. Coût: 24.230 euros
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La ZIT (Zone d'immersion temporaire) de Glabais. 2726 m³ de capacité. Coût: 24.230 euros - © Tous droits réservés

Depuis quelques années, plusieurs entités du Brabant wallon développent des plans de lutte contre les inondations. Des plans d’autant plus indispensables que les caprices de la météo semblent se répéter de plus en plus souvent. Et que l’urbanisation prive une partie des terres de leur potentiel de perméabilité. L’effet conjugué de plusieurs facteurs peut entraîner de gros dégâts. Plusieurs villages, dont Chastre, viennent encore d’en faire les frais.

Parmi les entités qui s’arment contre les dégâts des eaux et des boues : Genappe. L’entité a subi d’importants dégâts en mai 2012, puis en juin 2016 (calamités naturelles). Chaque intempérie a donné lieu à un plan communal pour tenter de protéger au mieux les habitants. Bassins d’orage, creusement de fossés, fascines anti-boues, digues et autres ouvrages ont ainsi été aménagés dans les sites sensibles.

La plupart des travaux entrepris après les intempéries de 2012 sont terminés. Les chantiers post-2016 sont en cours de réalisation. Une troisième phase est à l’étude. Elle concerne l’aménagement d’ouvrages supplémentaires, dont des ZIT (zones d’immersion temporaire) à Vieux-Genappe, Glabais et Ways.

Des ZIT pour faire barrage

Parmi les gros ouvrages déjà opérationnels : la zone d’immersion temporaire (ZIT) de Glabais, en contrebas du cimetière. Il s’agit d’une sorte de bassin d’orage creusé dans la terre et qui fait office de zone tampon en cas de fortes pluies. Pour les habitants tout proches, cette zone fait barrage aux torrents d’eau et de boue. "Lors des inondations, nous avons subi les dégâts des eaux et des coulées de boue", explique une riveraine. "Nous vivons ici depuis 16 ans. Et chaque année, nous sommes confrontés au problème. C’est un véritable torrent qui déferle dans le chemin privatif et le jardin. C’est stressant. Notamment pour les enfants du quartier. La commune fait beaucoup d’efforts. La zone d’immersion aménagée fonctionne. Mais pas complètement. Certains fermiers refusent l’aménagement d’ouvrages. La semaine dernière, il y a à nouveau eu des coulées de boue. Le réchauffement climatique se précise. Tout le monde doit faire des efforts".

472.000 euros depuis 2012

Suite aux intempéries de 2012 et 2016, la commune de Genappe a déjà débloqué 472.000  euros pour les plans de lutte contre les inondations. D’autres chantiers suivront. Le prix à payer pour se protéger autant que faire se peut. Avec l’accompagnement de la Région wallonne et les services d’un bureau d’études. Et les crédits provinciaux.

"Les petits travaux sont relativement faciles à concrétiser ; c’est plus complexe pour une ZIT", explique le bourgmestre Gérard Couronné. "Pour ce type de bassin d’orage, il faut d’abord acquérir le terrain, ce qui n’est pas toujours évident. Ici, par exemple, il a fallu 3 à 4 ans pour pouvoir trouver un accord avec le propriétaire et son locataire. Cela prend du temps. Et si le propriétaire refuse de donner son autorisation, il faut passer par une expropriation judiciaire. Ce qui est compliqué et qui prend aussi beaucoup de temps. Un arrêté d’expropriation nécessite au minimum 3 ans. Donc, on essaye toujours de négocier à l’amiable".

Pas de primes communales

Contrairement à certaines communes de la province du Brabant wallon (dont Orp-Jauche), la commune de Genappe n’octroie pas de primes communales pour aider les particuliers à installer des dispositifs de protection devant leur habitation, comme des barrières anti-inondation ou des systèmes de fermeture des bouches d’aération. "Ce n’est pas prévu à ce jour", confirme le bourgmestre. Qui rappelle toutefois que des aides régionales peuvent être sollicitées et que le Fonds des calamités peut intervenir dans certaines circonstances. C’était d’ailleurs le cas pour des travaux communaux et privés à Genappe, après les événements de juin 2016.

"Nous allons poursuivre les travaux", conclut Benoît Huts, échevin en charge des dossiers inondations. "Ce n’est pas toujours facile car il faut concilier le point de vue du propriétaire, celui du locataire et la faisabilité technique de l’ouvrage envisagé. Il faut aussi améliorer certaines réalisations. Comme le bassin de Glabais (site Baty des Flamandes) qui laisse encore échapper un peu de boue. La Région nous aide dans l’accompagnement de la réflexion pour les projets. Par ailleurs, dans le cadre des appels à projets annuels de la province du Brabant wallon, nous avons des subventions. Mais tout cela prend du temps". 

 

Archives : Journal télévisé 30/05/2012

Images des intempéries de 2012.

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