Gembloux: une ancienne décharge réhabilitée en zone naturelle sans argent public

L'ancienne décharge de Grand-Leez (Gembloux) est réhabilitée en zone de biodiversité. Une réhabilitation dans le cadre d'un partenariat public-privé, mais entièrement financée par le privé
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L'ancienne décharge de Grand-Leez (Gembloux) est réhabilitée en zone de biodiversité. Une réhabilitation dans le cadre d'un partenariat public-privé, mais entièrement financée par le privé - © Rtbf

L'ancienne décharge de Grand-Leez, près de Gembloux, est recolonisée par la faune et la flore.
Après 7 ans de travaux, le site de 4 hectares et demi a été réhabilité en zone naturelle et arborée. Un projet mené en partenariat public-privé, mais entièrement financé par le privé!  
 

La nature reprend ses droits
Le coassement des grenouilles, le chant des oiseaux, le retour des plantes et des fleurs... difficile d'imaginer que l'on se trouve sur une ancienne décharge. "Ici, il y a une quinzaine d'années, il y avait des carcasses de voitures, des sacs poubelles, des métaux lourds et des hydrocarbures", explique Thibault Mariage, directeur (Qualité Sécurité Environnement) chez Tradecowall, société de logistique des déchets de construction et de démolition. "10 ans plus tard et 10 mètres plus haut, on se trouve sur une zone qui va être consacrée entièrement à la biodiversité".

Après des années de pollution  
Dès les années '80, déchets communaux, puis dépôts clandestins polluent le site. En 1994, la police de l'environnement somme la Ville de réhabiliter la zone... un coût d'un million et demi d'euros que la Ville de Gembloux ne peut assumer. La solution viendra d'un partenariat public-privé. Comme l'explique Benoît Dispa, bourgmestre, "certains déchets de surface ont pu être évacués. Mais il était impossible d'évacuer l'intégralité des déchets, sans exploser la facture. Nous avons donc choisi la technique de confinement par membrane imperméable. Les déchets restés sur le site ont véritablement été enveloppés. Ils ont ensuite été recouverts de 400.000 m³ de terres saines. Des terres contrôlées, en provenance d'une série de chantiers de déblaiement, dans la région".

270.000 camions

Pendant environ 6 ans, des milliers de camions (près de 270.000) ont acheminé des terres sur le site de l'ancienne décharge. Une période difficile pour certains riverains. Mais l'opération a fonctionné. A raison de 6 euros par m³ de terres déversées sur le site, les travaux ont pu être financés uniquement sur fonds privés. La Ville n'a pas dû mettre la main au portefeuille. 

Reste à voir si la membrane, que l'on dit étanche et solide, résistera à l'épreuve du temps, pour éviter toute fuite de polluants vers la nappe phréatique et l'environnement. Le site sera étroitement surveillé. Mais à ce jour, nul ne peut garantir l'imperméabilité de la membrane à très long terme.          
 

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