Garer son camion hors de Mouscron: pas si simple, pour les principaux intéressés

La police a estimé qu'environ 120 poids-lourds stationnent les nuits et les week-ends dans l'agglomération mouscronnoise.
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La police a estimé qu'environ 120 poids-lourds stationnent les nuits et les week-ends dans l'agglomération mouscronnoise. - © S. Vandreck

Dès le 1er novembre prochain, il sera interdit pour les poids-lourds de stationner dans l’agglomération mouscronnoise. Des panneaux vont être apposés aux entrées des zones concernées. L’heure est à présent à l’information des principaux intéressés. Beaucoup ont déjà reçu un courrier de l’administration communale. La Ville répond ainsi aux doléances de certains riverains: "Il y a eu des plaintes à propos du bruit, notamment le matin au démarrage, mais aussi de trottoirs et de mobilier urbain abîmés, explique l’échevine de la mobilité, Marie-Hélène Van Elstraete. Nous avons aussi connu plusieurs accidents graves, pas forcément liés à un problème de stationnement, mais qui interpellent toujours. Nous ne savons pas non plus ce que les camions contiennent quand ils dorment en ville. Et puis, les voiries de Mouscron sont peu larges : les camions empiètent donc soit sur la chaussée, soit sur le trottoir, ce qui n’est pas l’idéal".

"Jamais dérangé personne"

D’après les relevés effectués il y a un an par la police, environ 120 poids-lourds dormiraient ainsi en agglomération. C’est le cas de celui de Marc. Ce chauffeur-routier gare depuis 20 ans son outil de travail, à quelques mètres de son domicile, à Dottignies. "Et il n’a jamais embêté personne! Jamais un accident, jamais aucune réclamation de la part des voisins", tonne-t-il. L’emplacement où il gare son poids-lourd se situe le long d’une route assez large, un peu à l’écart des habitations, là où il estime ne gêner personne. Et pourtant, dès ce 1er novembre, il devra choisir un autre endroit de stationnement, comme tous les camionneurs de Mouscron. Sans quoi il encourt une amende. Mais il ne voit vraiment pas où aller en dehors de l’agglomération. La Ville suggère par exemple aux camionneurs de laisser leur camion chez leur employeur. "Impossible, répond Marc, qui travaille pour une société implantée à 50 km de Mouscron. Si on fait une coupure de neuf heures, elle concerne le camion, pas le chauffeur. Si je dois prendre une heure de route le matin pour rentrer chez moi et une le matin pour récupérer mon camion, ma coupure ne fait que sept heures, ce qui est illégal". Marc ajoute aussi qu’alors ses frais de déplacement seraient à sa charge.

Un parking de dissuasion ? Trop cher pour l’instant

Autre possibilité proposée par la Ville : stationner les camions dans les zonings. "Il y en a bien un près de chez moi, le zoning du Bois-Jacquet, mais il est déjà pris d’assaut par les camions des pays de l’Est", constate Marc. La seule solution pour lui serait que la Ville aménage un parking de dissuasion surveillé, réservé aux poids-lourds. Mais ce projet n’est pas encore à l’ordre du jour. "C’était très compliqué de trouver un endroit, il fallait aussi le sécuriser et cela aurait été très coûteux. Donc pour l’instant nous n’avons, comme d’autres communes, pas d’autre solution que de renvoyer les camions vers les zonings ou vers leur entreprise", précise l’échevine. Des dérogations seront prévues pour les camions de livraison, de déménagement, ainsi que pour ceux qui doivent stationner plusieurs jours sur un chantier, pour autant qu’ils introduisent une demande préalable. En attendant, certains camionneurs comme Marc s’inquiètent et espèrent que la ville changera d’avis. L’échevine se dit prête à entendre leurs doléances d’ici le 1er novembre. "Mais pas question de faire marche arrière ! Le projet est en route, ce n’est plus possible", répète-t-elle.

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