Gare de Mons: on cherche une nouvelle entreprise pour construire la passerelle

Un nouveau coup de frein dans le chantier de la future gare de Mons, la gare-passerelle conçue par l'architecte Santiago Calatrava.

Ce mercredi, la filiale de la SNCB Eurogare, maître d'oeuvre du projet, a interrompu le marché public avec la société italienne Cordioli, en charge de la fabrication et du montage de la charpente métallique de la passerelle. Une information livrée par nos confrères du magazine "Le Vif". Du côté d'Eurogare, c'est le silence radio. Aucune explication sur les circonstances de cette interruption de collaboration. L'information nous est confirmée, indirectement, via la SNCB. Cela dit, ce n'est pas vraiment une surprise dans la mesure où tout le monde a pu constater depuis des mois que les travaux côté passerelle n'ont plus avancé d'un centimètre.  Seule la partie du chantier concernant les quais et les parkings a continué de progresser.

Le contrat obtenu par Cordioli représente une enveloppe de 35 millions d'euros. Il concerne la construction des pièces métalliques de la charpente et le montage de celle-ci. Or, la société italienne, basée dans la région de Vérone, est en proie à d'importantes difficultés financières. Son personnel est en chômage économique depuis l'été dernier. Un sous-traitant, chargé de construire la passerelle a quitté Mons cet été.  Cette entreprise, Cos.me, réclamait à Cordioli des sommes impayées. Cordioli a mis fin au contrat mais le sous-traitant ne s'est pas laissé faire, il a obtenu de la justice une saisie conservatoire des pièces déjà fabriquées mais non encore montées. Un nouveau sous-traitant avait été désigné, la société Pirson. Mais  le travail de montage n'a jamais repris.

 

La gare-passerelle, c'est le "corps" de la gare

Aujourd'hui, il semble qu'Eurogare reprenne la main sur la partie montage. Elle devra pour cela désigner une nouvelle entreprise. Avec quels délais et quels frais supplémentaires? Ce n'est pas clair... Par ailleurs, il est impossible de savoir combien de pièces restent encore à construire par Cordioli et surtout comment cette société serait en mesure de les fabriquer puisque tout son personnel est à l'arrêt. Cordioli est en situation de "liquidation volontaire", autrement dit, elle recherche des partenaires financiers pour reprendre ses activités. "Elle est sous terre" nous disait aujourd'hui une journaliste italienne, spécialiste du dossier.

Soit, une situation qui devrait encore retarder la mise en service de la nouvelle gare. Mais nous noterons que la communication fait plus que défaut dans un dossier de construction financé par des fonds publics. Les navetteurs qui passent par Mons risquent d'utiliser encore bien longtemps la gare provisoire...

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