Gand : violente agression homophobe dans la nuit de samedi à dimanche

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Deux jeunes ont été victimes d'une agression homophobe dans la nuit de vendredi à samedi à Gand, indique la police locale qui a ouvert une enquête. Trois personnes les ont attaqués, les blessant assez sévèrement.

Les faits se sont produits vers 3 heures du samedi matin près de la cathédrale Saint-Bavon dans le centre de Gand. Les deux jeunes rentraient chez eux lorsqu'ils ont été attaqués par trois hommes. Ils ont été frappés au visage et l'une des victimes a le nez cassé. Les agresseurs se sont enfuis.

Le parquet de Gand n'a pas encore été informé des faits tandis que la police locale a ouvert une enquête.

L’une des victimes a écrit une lettre ouverte sur les réseaux sociaux dont voici des extraits :

Cinq heures du matin. AZ Sint-Lucas à Gand.
Lui : fracture du nez, morceau d’incisives de la mâchoire inférieure à droite, coupure dans la lèvre, ecchymoses diffuses au visage.
Moi : contusions et hématomes sur le visage.
Le taxi viendra nous chercher.

Trois heures du matin. Sur le sentier à côté de la cathédrale St-Bavo à Gand.
Lui : saignant à côté de moi.
Moi : appeler l’ambulance.
Nous : touchés, confus, interrogés. Attaqué.

Nous deux, sur le chemin du retour après une soirée. Tous les trois, visiblement à la recherche de violence. Nous au mauvais endroit, au mauvais moment. Ils sortent avec de mauvaises intentions.

"Gand, la ville la plus ouverte d’esprit de Flandre. Un bastion de gauche où tout le monde peut être soi-même. Nous pensions. Jusqu’à ce que nous soyons battus parce que nous voulions être nous-mêmes. Avoir une identité et l’exprimer pleinement ne serait pas une lutte plus douloureuse que les blessures physiques que nous avons subies est la prise de conscience que notre existence est rejetée et punie par certains.

La discrimination, le racisme, l’homophobie, la transphobie et l’agression envers les groupes minoritaires en général sont couverts pendant cette période avec une atmosphère de Noël superficielle, des dîners avec la famille et la distribution de cadeaux. Pendant que la dinde est coupée, nous attrapons des coups qui persistent plus longtemps que les ecchymoses qu’ils laissent derrière eux. Nous ne sommes que des jeunes qui essaient d’exister.

Je me demande quel signal cela donne aux jeunes à qui j’enseigne et qui luttent toujours avec leur propre identité tous les jours : qu’est-ce qui arrive quand on ose être soi-même ? Nous existons et c’est trop pour certains.

J’écris cela non seulement pour moi mais aussi pour mon meilleur ami. Pour ma mère qui pleure au téléphone, son amoureux qui est coincé à la maison, un ami qui a téléphoné à chaque hôpital de Gand pour découvrir où nous étions, pour mon cousin qui est venu faire des portraits pour cartographier les dégâts. Pour l’infirmière qui m’a réconfortée lorsque mon ami est passé sous le scanner, pour les policiers qui sont venus prendre notre déposition le soir. Pour tous ceux qui doivent encore rentrer à pied après une soirée. Pour tous ceux pour qui la sécurité n’est pas garantie".

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