Future prison de Haren: les opposants au projet se réunissaient ce jeudi matin

Le futur complexe de Haren devrait pouvoir accueillir quelque 1200 détenus.
Le futur complexe de Haren devrait pouvoir accueillir quelque 1200 détenus. - © DR

"Stop au projet de prison à Haren". Un slogan autour duquel 10 organisations se sont retrouvée ce jeudi matin à 10h au Palais de justice. Riverains, associations environnementales, juristes… Ils rappelleront pourquoi ils demandent l'arrêt immédiat de ce projet de prison dont l'ouverture devrait intervenir en 2018.

La plus grande prison du pays aura une capacité de 1200 détenus. C'est du moins ce que le gouvernement espère construire au Keelbeek.

Ce qui est aujourd'hui un espace vert d'Haren, grand comme une vingtaine de terrains de football, devrait donc à terme devenir un village pénitentiaire, avec 8 établissements pour hommes et femmes. Une manière, disent les autorités, de répondre à la surpopulation carcérale et de compenser les fermetures annoncées, à Bruxelles, des prisons de Forest, Berkendael, et Saint-Gilles.

"En ce qui concerne la prison de Forest, l’infrastructure est totalement dépassée, est totalement en fin de vie, explique Laurent Sempot (porte-parole de l'administration pénitentiaire). Cela veut dire que quoi qu’il arrive, à un moment ou un autre, il faudra de toute façon remplacer ces prisons. Celles-ci datent de la fin du XIXème siècle. Une partie des cellules de Forest par exemple ne sont toujours pas équipée d’eau courante ni de toilettes par exemple. Je pense qu’il est vraiment temps, dans une société du XXIème siècle, de construire quelque chose de réellement moderne."

De nombreuses protestations sur le fond et la forme

Si ils reconnaissent le caractère vétuste de bon nombre de prison belge, c'est la politique globale du gouvernement que les organisations de Haren dénoncent: "on veut engager une politique réductionniste, explique Laurent Moulin, représentant d'une des organisations. On a le sentiment que c’est la pression populaire guidée par la peur qui oblige les autorités à construire ce pénitencier, si ce n’est une logique purement économique appuyée par le consortium Cafasso qui fait du lobbying comme cela peut se faire aux États-Unis, avec tous les problèmes que cela engendre. La privatisation de la prison est une de nos inquiétudes."

Le malaise que provoque le projet nait aussi des proportions de l'établissement pénitencière: "On est même pas 5000 habitants et on va mettre 25% de notre population dans cette prison-là. C'est dénoncé dans tous les documents, même dans le document qui est la base de l’architecture de la prison et qui veut une architecture plus humaine. Il est dit que des entités de moins de 50 détenus offrent de biens meilleures résultats en termes de réinsertion et de non-récidive qu’une prison de plus de 100 détenus. On trouve aussi des documents du sénat français qui disent qu’au-dessus de 400 détenus, ça devient inhumain et ingérable."

D'autres problèmes résultent, selon eux, de l'emplacement désigné: "la localisation de la prison est mauvaise, pour Haren, parce-que ça va continuer à enclaver le village et ensuite parce-qu'on est très loin du palais de justice, poursuit Laurent Moulin. On voit d'ailleurs une forte opposition de la part des magistrats ainsi que des avocats par rapport à la localisation de ce site. On constate toute une série de problème quand à la normalisation qu’on est censé donner aux détenus et pour la visite des familles."

On l'aura compris, le collectif est déterminé à faire valoir ses arguments: "au sein de la plateforme composée des différentes organisations, on dit stop à la construction de cette prison de Haren. Le constat que l’on fait, c’est que plus on construit de prison, plus on crée de détenus sans pour autant résoudre le problème principal."

Actuellement, l'étude d'incidences est en cours. Elle vise à déterminer l'impact du projet sur l'environnement, le cadre de vie et la mobilité. L'enquête publique pourra ensuite démarrer.

Initialement prévue en 2016, l'ouverture de la prison d'Haren ne devrait pas intervenir avant 2018.

Jérôme Durant

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK