Future chef d'entreprise et future maman : pas compatible ?

Stéphanie de Bellefroid espère pouvoir vivre de son activité horticole d'ici quelques mois.
Stéphanie de Bellefroid espère pouvoir vivre de son activité horticole d'ici quelques mois. - © S. Vandreck

La situation que vit aujourd’hui Stéphanie de Bellefroid est pour le moins interpellante. En recherche d’emploi, elle a mis sur pied son propre projet d’entreprise à Rosières, "Capucine à table", une culture de plantes aromatiques et de fleurs comestibles bio destinées à la clientèle des restaurants et des particuliers. Pour mener à bien son projet, elle est hébergée depuis quelques mois par une couveuse d’entreprise, et cela pour une durée de 18 mois. Pendant ce temps, Stéphanie touche des allocations de chômage, "gelées" au plafond supérieur, comme c’est le cas pour les demandeurs d’emploi en formation. Ce qui signifie que ses revenus ne sont pas touchés par le système de dégressivité des allocations de chômage. A l’issue de cette période, et bien armée pour entrer dans la vie d’indépendante, elle devrait pouvoir voler de ses propres ailes avec son entreprise.

C’est aberrant de ne pas pouvoir anticiper !

Mais Stéphanie devrait accoucher début mars et donc prendre un congé de maternité. Elle craint de devoir repartir à zéro dans son projet à l’issue de celui-ci. "Si je veux réintégrer la couveuse d’entreprise, je devrai recommencer toutes les démarches administratives, prouver à nouveau que ma démarche de création d’entreprise est viable et que je peux à nouveau être hébergée par cette structure. Et le montant de mes allocations de chômage risque d’être diminué", s’inquiète-t-elle. Après une longue période d’absence, elle va en effet retomber dans un régime de chômage classique : le montant de ses allocations ne sera plus "gelé" mais calculé en fonction de son parcours personnel, comme pour tout demandeur d’emploi. La jeune femme a l’impression qu’elle va être sanctionnée pour avoir été enceinte. Elle trouve la législation qui régit l’attribution de ces allocations peu claire, mais aussi discriminante à l’égard des futures mamans. "C’est aberrant de ne pas pouvoir ne fût-ce qu’anticiper ce qui va m’arriver après, alors que mon activité économique en dépend", regrette-t-elle.

Un calcul complexe

Difficile en effet de calculer à ce jour le montant précis de ses futures allocations. Tout dépendra notamment de la date de son accouchement et de si elle a franchi un nouveau "palier" de dégressivité à ce moment-là. La jeune entrepreneuse voit plusieurs scénarios se profiler à l’issue de son congé de maternité : soit continuer à développer son projet en couveuse, mais avec des allocations insuffisantes pour vivre et mener à bien son projet, soit se lancer directement comme indépendante, mais sans les garanties qui lui offre pour l’instant l’hébergement en couveuse, soit encore renoncer à son projet et chercher un emploi.

 

Journal télévisé du 19/01/2020

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