Fuite à Tihange 1: Greenpeace veut la fermeture en 2015

La centrale nucléaire de Tihange.
La centrale nucléaire de Tihange. - © Flickr - akbyte

De l’eau s’échappe de la piscine de désactivation de Tihange 1, annonce La Libre. Actuellement, il n'y a pas de pollution extérieure. Le liquide est traité sur le site, selon l'agence de contrôle nucléaire. Cette fuite, qui dure depuis des années, pose question alors que l’on parle de prolonger l'avenir des centrales. Greenpeace exige l'arrêt de la centrale. Les partis écologistes dénoncent "l'absence de transparence envers la population".

L'agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) relevait déjà en 2006 que cette fuite, d'un débit extrêmement faible, n'était pas récente, et que l'eau "légèrement radioactive" était traitée sur le site de Tihange comme les autres effluents liquides. L'agence précisait qu'Electrabel poursuivait ses investigations pour la localiser, mais six ans plus tard, on en est toujours au même point, selon La Libre.

"Le problème est géré et il n'y a aucune pollution extérieure", assure l'AFCN. En moyenne, deux litres ont été récupérés quotidiennement en 2011. L'AFCN juge que ce risque n'est pas inacceptable tant qu'il est géré, même dans la perspective de la prolongation du réacteur 1 de Tihange jusqu'en 2025. Un expert en questions d'étanchéité estime en revanche qu'il faut remplacer la cuve.

Jean-Marc Pirotton, délégué Gazelco FGTB, explique que les syndicats étaient bien informés de cette micro-fuite et confirme qu’elle ne présente pas de danger pour les travailleurs et donc, a fortiori, pas non plus pour l'extérieur. "Cela date de plusieurs années. Ce que l’on nous a dit, c’est que cette fuite était très, très difficile à localiser. On pense qu’il s’agit d’une soudure qui serait légèrement perméable." De là, à y voir un signe de vieillissement accéléré ? "Non, pas spécialement. Des microfissures, cela arrive."

D’un point de vue syndical, on précise encore que l’on va réclamer la mise en place des travaux nécessaires à la réparation. "Il en va de la sécurité et de la santé des travailleurs et des concitoyens", conclut Jean-Marc Pirotton. Les syndicats comptent interpeler la direction à ce sujet vendredi, dans le cadre notamment du projet de prolongation de la vie de la centrale.

Ecolo et Groen dénoncent un problème "ahurissant"

Les partis écologistes Ecolo et Groen ont dénoncé, dans un communiqué conjoint, "l'absence de transparence envers la population" dans ce dossier. Il est "tout simplement ahurissant" que le problème n'ait pas été réglé alors qu'il est connu depuis au moins six ans, regrettent-ils.

"Alors que le gouvernement fédéral vient d'annoncer la prolongation de 10 ans de Tihange 1 et à peine plus d'un an après la catastrophe de Fukushima, ce problème rappelle le caractère intrinsèquement dangereux d'une technologie pour laquelle le risque zéro n'existe pas, qui plus est au vu de la vétusté croissante de nos réacteurs", soulignent Écolo et Groen.

Tous les incidents techniques concernant les réacteurs font en principe l'objet de communication, comment se fait-il que la fuite d'eau radioactive d'une piscine de refroidissement n'est dévoilée dans la presse que des années après que le problème ait été constaté, se demandent les Verts.

"Irresponsable" selon Greenpeace

Une fuite "totalement inacceptable" pour Greenpeace. "Les signes de vieillesse d’installations nucléaires impliquent des risques qu’il ne faut pas sous-estimer", ajoute Greenpeace qui exige que le gouvernement revienne sur sa décision et ferme Tihange 1 aussi dès 2015.

"Dans le monde entier on ne dénombre qu’à peine 20 réacteurs commerciaux opérationnels ayant plus de 40 ans. L’expérience quant à l’exploitation de réacteurs nucléaires de cet âge est donc dramatiquement limitée" expose l'organisation, qui met en garde: "Plus de 840.000 personnes vivent dans un rayon de 30 km autour de Tihange. Après la catastrophe de Fukushima, certains villages situés à 60 km étaient tellement radioactifs qu’ils ont dû être évacués. À une telle distance de Tihange on trouve des villes telles que Bruxelles, Liège, Namur, Charleroi, Aix-la-Chapelle et Maastricht".

Un non-évènement selon Electrabel

Une fuite existe bel et bien au bassin de désactivation de l'unité 1 de la centrale nucléaire de Tihange, a confirmé Jean-Jacques Pleyers, le porte-parole d'Electrabel, qui a qualifié toutefois cette fuite qui existe depuis 6 ans de "non-évènement". Il a assuré que "cette fuite faiblement radioactive n'a aucune conséquence sur la sécurité des travailleurs, sur l'environnement et à l'extérieur du site".

La disposition de cette piscine qui sert à la manutention de combustibles est la suivante : les murs de béton de la piscine font 1 mètre 50 d'épaisseur. L'intérieur est fait de plaques inox. Un système se trouvant en-dessous du dispositif permet de récolter une fuite éventuelle.

"Ce bassin fait dix mètres de profondeur et compte un 1,5 million de litres d'eau. Une fuite d'un demi-litre à deux litres par jour est donc minime et ne nécessite pas d'intervention lourde", explique Jean-Jacques Pleyers.

Le gestionnaire insiste sur le contrôle récurent de la situation et sur le fait que les autorités de contrôle nucléaire ne voient aucun danger dans cette fuite.

T.N. avec Marc Hildesheim et Belga

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