Fraude et blanchiment d'argent: y aura-t-il un jour un procès D'Onofrio?

Luciano D’Onofrio ainsi douze autres personnes sont suspectées d’avoir participé à une vaste fraude et sont soupçonnées de blanchiment d’argent.
Luciano D’Onofrio ainsi douze autres personnes sont suspectées d’avoir participé à une vaste fraude et sont soupçonnées de blanchiment d’argent. - © MICHEL KRAKOWSKI-YORICK JANSENS - BELGA

Ce vaste dossier de fraudes aux transferts de joueurs de foot et de blanchiment d'argent a été plaidé, ce lundi, devant la chambre des mises en accusation de Liège. Plusieurs inculpés contestent leur renvoi en correctionnelle. Leurs avocats ont évoqué la prescription.

L'ancien homme fort du Standard est suspecté de fraudes et de blanchiment. En juin dernier, il a été renvoyé en correctionnelle, avec une vingtaine d'autres prévenus. Mais il a interjeté appel, et la chambre des mises en accusation doit donc réexaminer le dossier. Ce qu’elle a entamé ce lundi.

Ils ne sont plus que treize, treize à être concernés par cette étape de la procédure. Au long des huit années d'instruction, il y a eu trente-trois inculpés. L'un est décédé, deux ont négocié l'arrêt des poursuites, contre paiement. Trente-trois moins trois, trente. Quatre ont été relaxés, parfois par prescription, parfois pour incompétence territoriale. Vingt-six ont été renvoyés en correctionnelle. Douze ont accepté leur sort. Quatorze ont été en appel. Et sur ces quatorze, l'un a encore jugé préférable de négocier une transaction, une amende. Selon nos informations, il s'agit de l'ancien secrétaire-général Costantin. Quatroze moins un, treize.

Le dossier D'Onofrio se compose de deux volets. Le premier, ce sont des fraudes aux transferts de joueurs de foot. Des salaires déguisés pour échapper aux impôts. Des commissions occultes. Des rétro-commissions. L'autre partie, c'est la façon dont cet argent, gagné illégalement, a été réinvesti, dans des restaurants, des immeubles, et dans l'achat de 10% du capital du Standard, par une société hollandaise aux mains de D'Onofrio.

Vers une prescription ?

Ce lundi, il s’agissait bien d’une audience de règlement de procédure. Autrement dit : le réquisitoire de l’avocat-général suivi de quelques plaidoiries sur des questions de procédure. Notamment les questions de prescription.

Pour Maître Adrien Masset (avocat de Luciano D’Onofrio), les délits sont trop anciens pour encore être jugés. " Le dossier a été mis à l’instruction en 2004. Aujourd’hui, nous sommes en 2015. Il y a donc des délais qui sont importants. Pour moi, la question de la prescription est donc pertinente, une prescription qui vaut pour de nombreuses préventions. Et comme celle du blanchiment d’argent est centrale, on peut considérer que la prescription peut être atteinte sous quelques réserves, des calculs compliqués que la chambre des mises doit maintenant vérifier. "

Michel Gretry

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK