Françoise Schepmans plaide pour "une véritable rupture" avec le PS à la région bruxelloise

"Une véritable rupture" avec le PS, "un parti qui a toujours eu le pouvoir et qui ne s’est jamais remis en question", voilà ce qu'il faudrait à la Région bruxelloise pour Françoise Schepmans, bourgmestre MR de Molenbeek qui rappelait dans Matin Première ce lundi qu'elle a elle-même opéré cette même rupture dans sa commune depuis 2012.

La Région s’est appauvrie au fil des années, les classes moyennes se sont enfuies et les problèmes de mobilité n’ont pas été résolus".

"Les socialistes sont au pouvoir depuis la création de la région bruxelloise" rappelle-t-elle, "et ils ne se sont pas affirmés, ils ont eu le pouvoir mais ils n'ont pas montré que la région avait du potentiel. Malheureusement, elle s’est appauvrie au fil des années, les classes moyennes se sont enfuies et les problèmes de mobilité n’ont pas été résolus".

C'est que même si "l’éducation, la formation, l’émancipation cela se fait sur un long terme", "Bruxelles doit s’affirmer aujourd'hui comme capitale", clame Françoise Schepmans. Or, pour elle, le pouvoir politique a péché par laisser-aller: "Nous n’avons pas organisé l’émancipation des jeunes. La politique publique est un échec, les acteurs locaux n’ont pas pris leurs responsabilités, on a laissé les choses aller. Pendant trop longtemps, on a laissé ces jeunes livrés à eux-mêmes. C’est un échec du politique mais aussi du monde associatif".

Molenbeek a bien obtenu 50 policiers supplémentaires, ce qui "a permis d'avancer sur la sécurité", mais pour le volet prévention , elle ne dispose que de 15 éducateurs de rue, ce qui est très insuffisant: "15 travailleurs de rue, c’est insuffisant en effet. Il faut des moyens pour la prévention, mais nous ne les obtenons pas. On aurait besoin de soutien, de plus de travailleurs de rue, d’éducateurs, qui vont chercher les jeunes pour les insérer".

La prévention ne fait pas partie des priorités de la région ou des communautés

Françoise Schepmans constate donc que "cela ne fait pas partie des priorités de la région ou des communautés, puisque dans  les communes bruxelloises, il y a une difficulté d’insertion de ces jeunes". Et pourtant, "ces moyens ne sont pas mis à disposition de la commune. Or je pense que ces moyens d’éducation , de formation sont indispensables pour la jeunesse. Il y a beaucoup trop de jeunes qui n’ont pas de vision de ce qu’ils vont faire plus tard".

Depuis les attentats de Paris, il y a deux ans, et le "bashing" de Molenbeek, qualifiée de "nid de terroristes", il y a cependant eu du travail de "remise en ordre", comme l'a décrit la bourgmestre: "On a lutté contre la petite criminalité car le trafic d’armes et de drogue est un facteur qui pouvait financer le radicalisme". Cette mise en ordre, "nécessaire", et  "qui se poursuit" "a permis de fermer des lieux ou il y avait de la radicalisation: des mosquées, deux écoles coraniques mais aussi des cafés, des associations qui étaient des paravents pour des activités illégales".

Un travail qui a permis d'améliorer l'image de la commune, pense la bourgmestre: "Il y a eu un Molenbeek bashing, mais après beaucoup de délégations se sont intéressées à la commune et ont vu Molenbeek de manière positive, et ça se poursuit avec des initiatives comme cette exposition avec Plantu, et ça montre qu’à Molenbeek on peut parler de tout, même du dessin de presse."

En ce qui concerne les "returnees", les Belges partis combattre avec l'EI en Syrie, et qui reviennent au pays, c'est à la police fédérale et à la justice d'assurer leur suivi, rappelle-t-elle. "Les returnees doivent nécessairement soit aller en prison soit avoir un suivi policier sur le terrain, et que les mineurs puissent revenir à une vie ordinaire. C'est important mais ce n'est pas la priorité de notre commune, notre priorité, c’est d’assurer la sécurité dans le quotidien des gens et faire en sorte d’insérer ces jeunes, qu'ils puissent retrouver une vie normale".

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