France 2 a enquêté sur ces jeunes Belges qui partent combattre en Syrie

Les contacts, dans un premier temps, se font via Facebook.
Les contacts, dans un premier temps, se font via Facebook. - © RTBF / France 2

"Envoyé spécial", l’émission d’investigation de nos confrères de France 2, a consacré plusieurs mois d'enquête à la problématique des Belges qui partent combattre en Syrie. Les équipes se sont focalisé sur la ville de Vilvorde, l'une des plus touchées par ce phénomène. Avec principalement cette question : comment ces jeunes sont-ils recrutés? Le journaliste de France 2 a remonté la filière du djihad, notamment celle qui passe par Facebook.

Le point de départ de l'enquête, c'est Vilvorde. La ville est aujourd'hui l'un des principaux foyers de recrutement pour le djihad en Syrie. La ville subit une véritable hémorragie. Beaucoup de jeunes ont pris leur ticket pour aller se battre à plusieurs milliers de kilomètres de là. Hakim, un jeune restaurateur, se confie : "Avant, quand je sortais, je voyais fréquemment untel, ou un autre… Maintenant, quand j’en croise un, je suis content qu’il soit encore là, qu’il n’est pas parti en Syrie…"

Les jeunes de Vilvorde sont partis par dizaines (une quarantaine selon la commune, une centaine selon les familles). Mais pourquoi ? Comment ? Facebook sert, à n'en pas douter, de vecteur. Le journaliste d' "Envoyé spécial" se dote donc d'un nom de guerre et d'un faux profil. Il multiplie les contacts pendant deux mois, jusqu’à ce message : "Je t’ai trouvé quelqu’un pour bouger avec. Et si tu veux voir le type, je peux te faire un rendez-vous."

Un rendez-vous, pour organiser un probable départ dans trois semaines. Celui qui se présente dans le parc de Vilvorde n’a que 17 ans. Il aborde tout de suite le départ vers la Syrie. "Ils ont besoin de quelqu’un de déterminé, qui est prêt… jusqu’à la mort. Es-tu prêt à mourir ?"

Un réseau, avec des recruteurs, une filière... Et des jeunes radicalisés de manière expresse. Ils seraient encore nombreux à vouloir partir (selon les témoignages recueillis), à vouloir mourir là-bas en martyr. "Cela continue encore à ce qu’il paraît, confie Hakim. D’après ce que j’ai entendu, 50 personnes seraient prêtes à partir…"

"On a déjà démantelé plusieurs filières", rappelle Joëlle Milquet

Interrogée ce vendredi matin sur VivaCité, Joëlle Milquet reconnaît que la situation est préoccupante mais refuse de parler d’hémorragie.

Selon la ministre de l’Intérieur, "le reportage d’Envoyé spécial a été tourné il y a quatre mois et depuis lors, il y a eu une très grande opération judiciaire qui a démantelé plusieurs filières, notamment de recrutement. Le fameux Jean-Louis le Soumis a été arrêté depuis ce reportage et la police poursuit son travail."

Aujourd’hui, Joëlle Milquet estime que les jeunes qui partent en Syrie ne peuvent plus être considérés comme des victimes. "Au début, il y a eu des jeunes qui sont partis par idéal en disant "je vais aider mes frères". Maintenant, je pense que ça ne trompe plus personne…"

Radia Sadani, Christophe Grandjean

Regardez le reportage d'Envoyé Spécial

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