Fourrière de Liège : un dossier d'enquête pour des faits de corruption invraisemblable ?

Ce 13 avril en fin de journée, la chambre des mises en accusation de Liège a libéré sous conditions le policier liégeois arrêté fin mars pour corruption, blanchiment d’argent et fraude fiscale. Le parquet a indiqué que cet homme avait avoué avoir mis en place un système de blanchiment et de fraude fiscale via des contrats de sponsoring conclus dans le cadre de ses participations à des rallyes.

Egalement des soupçons de corruption

Par ailleurs, ce même homme est soupçonné d’être corrompu. Un volet du dossier à sa charge sur lequel le parquet ne communique pas. Le policier aurait reçu de l’argent de la société de dépannage Nucera - la fourrière officielle de Liège - pour couvrir ou favoriser des pratiques suspectes dans l'enlèvement des véhicules. Cinq autres policiers seraient aussi concernés. Dans ce cadre, les enquêteurs avaient interpellé le 26 mars Carina Nucera, une employée de la société de dépannage, qui y gère le planning et les contacts, notamment avec la police. Interrogée, elle avait nié toute corruption, mais elle avait tout de même été placée sous mandat d’arrêt inculpée et incarcérée. Ce jeudi, elle a également été libérée par la chambre des mises en accusation de Liège. Une libération qui, elle, n’est assortie d’aucune condition.

Un dossier invraisemblable ?

Carina Nucera a donc retrouvé la liberté après deux semaines de détention, mais elle reste inculpée de corruption, alors que pour son avocat Maître Marc Nève le dossier ne recèle aucun indice en ce sens. Ce dossier, il le juge invraisemblable à plusieurs égards : " Il est invraisemblable quant à la façon dont les enquêteurs ont travaillé. Ils ont travaillé sans même s’inquiéter de connaître le détail du contrat passé par la société avec la Ville de Liège. C’est un contrat d’exclusivité en quelque sorte. S’il y a un contrat d’exclusivité, pourquoi donc et comment donc pourrait-il y avoir une corruption ? Le contrat a été pensé d’ailleurs pour éviter ce risque éventuel. Puis alors ce qui est assez invraisemblable c’est que, en ce qui concerne Carina Nucera qui est mise en cause du chef de corruption, alors qu’elle est inculpée de ce chef, on n’a même pas entendu les personnes qu’elle aurait soi-disant corrompues. Aucun de ces policiers n’avait été entendu au moment où elle fut mise sous mandat d’arrêt pour cette raison-là. "

Des contacts logiques ?

Tout ce que l’enquête aurait montré jusqu’ici c’est que Carina Nucera avait des contacts avec des policiers et en particulier avec des agents de la brigade motocycliste, ce qui, vu ses fonctions, est logique. " Tout à fait ", relève Marc Nève, " et d’ailleurs, c’est aussi des éléments que nous avons apportés dans l’enquête : lors de réunions d’évaluation du bon fonctionnement de cette collaboration entre la police, la Ville et la société de dépannage, les derniers rapports mettaient en évidence le fait qu’il fallait mieux fonctionner, qu’il fallait donc avoir plus de véhicules de dépannage disponibles, qu’il fallait aller plus vite, qu’il fallait de meilleurs contacts et assez curieusement, c’est précisément la tenue de ces contacts qui lui est reprochée comme étant la preuve de cette soi-disant corruption qui n’existe pas. "

Ces communications téléphoniques ont en partie été l’objet d’écoutes. " A mes yeux, il n’y a rien d’incriminant. ", estime l’avocat de Carina Nucera, " Au contraire, ces écoutes démontrent qu’en réalité ce qu’elle faisait c’était précisément d’être plus disponible pour amener des dépanneuses, quand il en fallait, pour en amener un plus grand nombre quand il en fallait, pour être le plus rapidement possible sur place, c’était dans cet objectif-là. Elle l’a affirmé avec force à plusieurs reprises c’était dans le cadre du bon fonctionnement de ce contrat. "

La défense de l’inculpée demande des vérifications

Carina Nucera attend maintenant la fin de l’instruction en espérant que son inculpation tombera. " L’espoir, c’est qu’on ne puisse plus rien lui reprocher au terme de l’enquête. Qui risque sans doute d’être un peu longue, parce que nous avons évidemment aussi demandé un certain nombre de vérifications. ", explique Marc Nève, " On ne peut pas accuser de façon aussi légère et a  ccuser de charges aussi lourdes alors qu’il n’y a rien. Donc nous allons demander un certain nombre de vérifications et nous exigeons qu’elles soient faites. " 

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