Forest : des parents portent plainte contre une crèche

Prix à la tête du client, falsification de documents, escroquerie organisée : ce sont les accusations graves lancées par une vingtaine de parents d’enfants qui fréquentaient la crèche Baby Kitty, à Forest. L’établissement vient de fermer ses portes de manière assez soudaine, en raison de la revente du bâtiment par le propriétaire. C’est en avril dernier que les parents ont appris la nouvelle. Ils ont tenté de récupérer la caution versée au moment de l'inscription de leur enfant, mais sans succès.

Jérôme a par exemple probablement perdu 600 euros. Après avoir reçu le courrier de la direction annonçant la prochaine fermeture, il a appelé à plusieurs reprises une direction très difficilement joignable, mais s’est heurté chaque fois à la même réponse : "ils nous disent que c’est impossible de nous rendre la caution. On est sans réponse, totalement dans le vide. C’est pour cela qu’on a porté plainte, mais aussi parce qu’on estimait que c’était notre devoir de dénoncer cela pour des futurs parents qui pourraient se retrouver dans pareille situation."

Enrichissement personnel ?

Car le problème ne s’arrête pas là, selon ces parents. Ils parlent de gestion à la petite semaine. "Les prix pratiqués étaient à la tête du client, affirme Serge. Il fallait payer les frais d’inscription sur un compte, et des frais de fonctionnement sur un autre compte, qui était en fait le compte personnel de la gérante."

Ajoutez à cela que la crèche Baby Kitty fonctionnait sans agrément, donc sans reconnaissance officielle des autorités. Rien d’illégal à cela, mais ce qui pose question, c’est que la direction affirmait disposer d’un agrément Kind en Gezin, de fausses attestations fiscales avaient même été remises aux parents. "La falsification de documents, c’est très grave" s’indigne encore cette autre maman.

Nous avons tenté d'obtenir un commentaire de la direction de Baby Kitty, mais sans succès.

La commune impuissante

Interpellé par les parents, le bourgmestre de Forest a effectué un contrôle dans la crèche la semaine dernière, mais il a n’a pu que constater sa fermeture. Marc-Jean Ghyssels rappelle que l’absence d’agrément ne lui aurait de toute façon pas donné le droit de fermer cette crèche. "Je ne peux intervenir que s’il y a des actes posés ou une gestion qui pourraient représenter un danger pour la sécurité, la santé ou l’hygiène."

A titre personnel, Marc-Jean Ghyssels plaide d’ailleurs pour un changement de législation. "Ce serait une sécurité juridique supplémentaire pour les bourgmestres de conditionner l’ouverture d’une crèche à l’obtention d’un agrément ONE ou Kind en Gezin." Ce serait aussi une manière de s’assurer que des agissements suspects ne se répètent pas dans les mêmes établissements ou avec les mêmes personnes. Ainsi il est à noter que la police avait déjà effectué, en janvier 2015, une descente dans le même établissement – qui portait à l’époque un autre nom – suite à des accusations de maltraitance, finalement jugées infondées. Dans le même ordre d’idée, une des deux personnes impliquées dans la gestion de la crèche forestoise s'apprête à en ouvrir une autre à Waterloo. Cette dernière précise cependant qu'elle n'assurait qu'une fonction de secrétaire commerciale au sein de Baby Kitty, une structure qu'elle a d'ailleurs quittée en mars, soit quelques semaines avant la fermeture. Elle précise encore avoir porté plainte , elle aussi, contre l'autre personne impliquée dans la gestion de la crèche.

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