Récup' et imagination: le monde en miniature de Valérie Van Den Bergen à Floreffe

La créatrice termine en ce moment la réalisation d'un chalet de montagne
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La créatrice termine en ce moment la réalisation d'un chalet de montagne - © S. Vandreck

À l’occasion de la Journée de l’Artisan, Valérie Van Den Bergen ouvre les portes de son atelier. Sa spécialité, ce sont les reproductions en miniature de lieux existants ou sortis de son imagination débordante.

Maisons, boutiques, cafés, ateliers… Elle reproduit, souvent sur commande, des intérieurs en version lilliputienne. "Ça peut être pour des commerçants qui veulent garder un souvenir de leur magasin, ou des cadeaux à des personnes qui partent à la retraite. C’est un souvenir bien plus parlant que des photos", nous dit la créatrice.

Valérie a ainsi déjà reproduit des classes, des cabinets médicaux, des restaurants… Dans son atelier trône en ce moment la version miniature d’une galerie d’art ou encore celle d’une célèbre chocolaterie de la Galerie de la Reine. "Le plus important n’est pas de recréer à la bonne échelle, comme un maquettiste pour un architecte. Ici, on crée de l’émotion, en reproduisant un lieu qui parle à quelqu’un, en créant une ambiance", précise-t-elle. Elle travaille la plupart du temps sur base de photos, fournies par le client. "Ça m’arrive parfois de visiter le lieu après l’avoir reproduit, et c’est une sensation très bizarre car j’ai l’impression de rentrer dans ma vitrine", raconte-t-elle.

Récupération et imagination

En ce moment, elle travaille sur une commande un peu particulière : un chalet de montagne, pour lequel la cliente lui a donné carte blanche. L’intérieur est terminé dans les moindres détails : tout est lambrissé de "pin", les meubles ont un style typiquement montagnard, le plateau de fromages attend les convives sur la table et les bûches dans la cheminée sont prêtes à être allumées.

Tous les éléments ont été fabriqués par Valérie, de la bibliothèque aux pots à épices. "Je crée absolument tout de a à z, de la structure aux accessoires. Et j’utilise pour cela prioritairement des matériaux de récupération. Je garde donc tout sans trop me poser de questions", explique la miniaturiste. Les tiroirs de son atelier débordent donc de bouchons et capuchons de toutes sortes, de vieux bics, d’éléments de vieilles montres et de bijoux fantaisie, tous rangés par catégorie.

Après un peu de découpage ou quelques coups de pinceau, un embout de seringue deviendra une applique, un capuchon se transformera un petit seau… "On n’imagine pas du tout ce qui se cache derrière une fois que c’est placé dans la vitrine", s’amuse-t-elle. Les meubles, eux, sont façonnés dans du balsa, un bois très léger qui se découpe et se travaille facilement.

Deux mois de travail

Au fil de l’évolution de ses créations, Valérie multiplie les casquettes d’artisan : elle est tour à tour menuisière, peintre, couturière, modeleur et même électricien, pour éclairer ses vitrines. "Il y a aussi du travail sur ordinateur, lorsqu’il faut reproduire les étiquettes qui figurent sur des boîtes ou des couvertures de livres à partir d’une photo". Pour toutes ces techniques, Valérie est autodidacte.

Elle est en fait licenciée en mathématiques, ce qui peut lui être utile dans certaines situations : "ça m’aide pour la reproduction à l’échelle, même si l’essentiel est dans le coup d’œil. C’est utile aussi pour trouver certaines solutions, comme des objets qui semblent à première vue impossibles à reproduire, comme des lustres, qui sont en plus éclairés".

La créatrice travaille essentiellement sur commande. Il lui faut entre un et deux mois de travail, en fonction de la complexité du lieu à reproduire. "Je me suis déjà cassé la tête sur des chaises design, qu’il fallait absolument refaire à l’identique", se souvient-elle. Entre deux commandes, elle travaille sur des projets personnels, comme cette serre encore inachevée que l’on peut admirer dans son atelier. "Quand je vais visiter des villes en Europe, je découvre plein de boutiques typiques que je rêve de reproduire. Mais le temps me manque", regrette-t-elle.

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