Flobecq : Le futur parc à loups du Bois de la Houppe fait polémique

Un parc à loups verra-t-il le jour sur le site du bois de la Houppe à Flobecq ? C’est la question qui anime la commune depuis plusieurs mois. Le bourgmestre soutient le projet. Mais des riverains et membres d’association de protection de la nature craignent que le projet présenté ne se transforme en un super parc animalier. Ils organisent donc une marche ce dimanche pour protester contre la réalisation de ce projet dans leur commune.

C’est un site bien connu des flobecquois(e) s ; celui du bois de la Houppe. Sur ce terrain se situait il y a encore quelques années, la sablière du Mont de Rhodes. L’exploitation a été fermée il y a plusieurs années mais le terrain appartient toujours à un propriétaire privé à savoir Tony Fort. Aujourd’hui, Tony Fort compte y installer un projet d’habitat insolite. L’idée est de construire sur le terrain de l’ancienne sablière six chalets sur pilotis. Ces chalets donneront une vue directe sur un parc à loups de plusieurs hectares.

Philippe Mettens, le bourgmestre de Flobecq soutient le projet. Selon lui, il s’agit "d’un projet modeste, de promotion de l’environnement. C’est un projet que je défends car parce qu’il est de nature à promouvoir le tourisme qu’on aime à savoir un tourisme léger, un tourisme vert".

Un pairi daiza bis ?

Mais les opposants au projet ne voient pas les choses de la même manière. Ils redoutent que le parc ne se transforme en un projet bien plus imposant avec un parking de 400 places, des aires de jeux et des restaurants. Selon eux, le projet de parc à loups cache un projet beaucoup plus ambitieux. "Les craintes sont nombreuses", explique Simon Dormal, riverain et membre du comité D’Hoppe Natura 2000, La Houppe. "On nous présente cela comme un petit projet. Or à moins de cent mètres, vous avez deux zones Natura 2000 qui sont présentes dans le village. Il y a de grands risques pour l’environnement. On risque de perturber la faune locale. Vous avez des risques de pollution due à cet afflux massif qui aura lieu tous les week-ends, à la pollution sonore que ça engendrera pour les riverains. Ce n’est pas du tourisme vert". Selon lui, "cela va être un projet comme Pairi Daiza où les gens étaient très contents au début et maintenant, tous les riverains de la région aimeraient bien que le parc s’en aille". Les opposants au projet demandent que la sablière de la Houppe soit classée en une zone protégée Natura 2000.

Une enquête publique a été réalisée. Dans le PV de clôture, on peut lire que plus de 900 objections et observations ont été enregistrées. La commune a cependant marqué son accord. Pour Philippe Mettens, le bourgmestre de Flobecq, les opposants au projet veulent manifester sur "un projet qui n’existe pas". Il explique ne pas comprendre "ce qui pousse des activistes à venir manifester sur un projet qui n’existe pas. Sur la délibération du collège sur laquelle l’administration de la région wallonne va devoir se prononcer, on parle bien de six petites cabanes en bois sur pilotis devant une meute de six ou sept loups sur plusieurs hectares. La commune a rendu un avis uniquement sur le projet dont on parle. Si l’idée d’une extension intervenait, elle ferait évidemment l’objet de nouvelles autorisations, de nouvelles enquêtes et donc ici il n’est pas question d’un méga projet".

Proche de la décharge du Radar

A ces craintes, s’ajoute celle de l’emplacement du futur parc à loups. Le site de la sablière se trouve à quelques centaines de mètres d’une ancienne décharge : la décharge du Radar. Cette décharge a été fermée il y a plusieurs années mais les sols n’ont jamais été dépollués. Pour Simon Dormal, riverain et membre du comité D’Hoppe Natura 2000, La Houppe, "C’est une zone, lorsque l’on regarde la banque de donnée des sols qui est toujours gravement polluée. Elle est classée dans les sites à réhabiliter d’urgence par la Société publique d’aide à la qualité de l’environnement (Spaque). Ça fait quinze ans que cette décharge a été fermée, elle n’est aujourd’hui toujours pas dépolluée. Pour nous, il faudrait déjà l’ancienne décharge du Radar avant de commencer à promouvoir un tourisme vert qui n’est pas du tourisme vert".

Un argument auquel le bourgmestre répond en expliquant que le projet de parc à loups ne s’implantera pas sur le site de l’ancienne décharge mais bien sur un site adjacent.

Reste que le projet doit encore recevoir l’aval de la Région wallonne. Car pour rendre possible ce nouveau site touristique, il faut une modification du plan de secteur. En effet, pour l’instant la sablière du Mont de Rhodes est encore considérée comme une zone d’extraction.

Les loups en Wallonie: JT 19/06/2020

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