Fleurus : les déchets radioactifs de BMB seront traités et évacués

Des contrôleurs de l'IRE et le propriétaire du bâtiment sont descendus dans les locaux le 17 juillet dernier. Dans un entrepôt, ils ont trouvé 16 bouteilles et 180 sacs de strontium 90, une substance radioactive.

En soi, il n’est pas anormal de trouver pareille substance sur le site de Fleurus puisque Best Medical est spécialisée dans la médecine nucléaire. Sauf que le 18 mai dernier, la société a tout laissé derrière elle.

Le directeur de l'IRE estime qu'il y a un risque pour les autres installations nucléaires du site. A priori, il n’y a aucune raison de paniquer si vous habitez la région ou si vous êtes riverain du site.

Le quotidien Le Soir publie ce mardi matin des extraits de la lettre envoyée par le patron de l'IRE aux curateurs de la société. Il parle d'un risque nucléaire potentiel. Il rappelle aussi que lors d'une seconde visite il y a deux semaines, deux contrôleurs de l'ONDRAF ont été légèrement irradiés par des déchets radioactifs.

BMB, après avoir fait faillite, a été placée sous curatelle. Conséquence : les curateurs ont moins de pouvoir pour agir. Pour Willy de Roovere (directeur de l’AFCN), il est donc normal que ces déchets soient encore là. "Les curateurs ont d’abord tenté de trouver un repreneur. Ils y sont partiellement parvenus. Cela veut dire également que la société a essayé de continuer le plus longtemps possible tout en amassant les déchets fabriqués à ce moment-là. Il y a trop de déchets pour le moment. Ces déchets se trouvent dans le bâtiment."

Et le directeur de l’AFCN de rappeler à son tour qu’il n’y a pas de risque pour la population environnante. Reste, quand même, "qu’il faut maintenant éliminer ces déchets."

L'élimination des déchets prendra du temps

Pour ce qui est de l'évacuation et de l'élimination des déchets en question, l'ancien propriétaire américain s'en lavait les mains. Le repreneur éventuel, que cherchent les curateurs, n'aurait jamais ajouté à sa reprise les estimés 40 millions d'euros que coûterait cette évacuation. L'IRE, elle, n'était plus payée pour s'en occuper.

Restait donc la piste des pouvoirs publics. Les acteurs du dossier désiraient que les autorités s'occupent de faire embarquer ces déchets, quitte à se retourner ensuite, par les voies de la justice, contre l'ex-propiétaire américain. Ils le demandaient en vain depuis des mois. Or les curateurs le savaient : tant que ces déchets étaient là, pas de repreneur possible.

C'est ici que l'ONDRAF, l'Organisme National des Déchets Radioactifs et des matières fissiles enrichies, est intervenu aujourd'hui par l'intermédiaire de son directeur Jean-Paul Minon. Selon ses dires, "les déchets combustibles emballés dans les containers resteront sur le site quelques semaines avant d'être envoyés pour incinération. Emballés de la sorte, ils ne comportent aucun risque pour les riverains".

Pour le reste, les opérations de tri des déchets et de sécurisation des locaux de BMB débuteront à la mi-septembre et pourraient prendre 5 à 7 ans. Pour le directeur de l'ONDRAF, "le respect des procédures administratives ne nous permet pas de commencer plus vite. Toutefois, ce délai reste tout à fait dans la norme et ne constitue pas de risque supplémentaire".

Les déchets devront être soigneusement triés, puis emballés selon les normes avant d'être envoyés à la filiale industrielle de l'ONDRAF, Belgoprocess, qui se chargera de les incinérer.

Le coût de l'opération d'assainissement et du démantèlement des installations de Fleurus sera pris en charge à la fois par la Région wallonne et par le fonds d'insolvabilité de l'ONDRAF, dont le directeur précise qu'il a déjà la somme nécessaire pour garantir l'évacuation des déchets.

Pierres-Yves Meugens, Alain Vaessen, Daniel Barbieux

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