Fête du Sacrifice: Gaia dénonce les conditions d'abattage des animaux

Fête du Sacrifice: GAIA dénonce les conditions d'abattages des animaux
Fête du Sacrifice: GAIA dénonce les conditions d'abattages des animaux - © Tous droits réservés

La fête de l'Aïd, la grande fête des musulmans, c'est dans deux jours. Quatre communes bruxelloises ont mis sur pied un abattoir temporaire. Des centaines de moutons vont y défiler. Ils seront abattus sans être étourdis préalablement. Cette pratique n'a rien d'illégal. Elle est d'ailleurs spécifiquement autorisée lors des rites religieux. Mais pour l'association de protection des animaux Gaia, c'est inacceptable, vu la souffrance qu'endurent les bêtes égorgées. Elle réclame donc une modification de la loi.

 

Images à l'appui tournées l'année dernière, GAIA dénonce avec force ces abattages sans étourdissement. Michel Vandenbosche, son président, déclare : "je n’ai vu systématiquement qu’un enchainement de souffrance et de douleurs alors que tout cela peut être évité en imposant l’étourdissement."

C'est le cas notamment en Norvège et en Suède. En Grande-Bretagne aussi, certains musulmans pratiquent l'abattage rituel en étourdissant préalablement l'animal. Chez nous, ce n'est pas le cas. Isabelle Praile, vice-présidente de l'exécutif des musulmans de Belgique, souligne : "la pratique de l’abattage en bonne et due forme ne provoque aucune souffrance. Il n’y a aucune garantie que par rapport aux pratiques d’étourdissement, les règles soient respectées et que l’animal ne souffre pas."

Ce n'est pas l'avis de la communauté scientifique internationale pour qui l'étourdissement avant l'abattage contribue à réduire la souffrance des animaux. Marc Vandenheede, professeur d'éthique vétérinaire à l'ULG, explique : "toute la question est de savoir si cette souffrance ressentie pendant, on va dire, entre 15 secondes et plusieurs minutes est considérée comme suffisamment importante, sachant qu’on a la possibilité d’éviter cette souffrance. Est-ce que ce temps-là est un argument suffisamment important que pour prendre une décision de généralisation d’étourdissement par exemple ?"

C'était la volonté de la ministre Laurette Onkelinx en charge du bien-être animal. Mais la réforme institutionnelle est passée par là. Et cette matière sera prochainement régionalisée. Elle ne veut donc pas prendre d'initiative sans qu'il n'y ait de consensus avec les communautés religieuses concernées. Ce qui est loin d'être le cas pour le moment.

Pierre Vandenbulcke

 

 

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