Festival Matonge Europe

Matongé, c'est un petit morceau d'Afrique planté en plein cœur de la région bruxelloise.  Des restaurants, des centre culturels, des agences de voyage spécialisées sur l'Afrique et de nombreux magasins où vous pouvez trouver la dernière mode de Kinshasa.  Au bout de la rue, on aperçoit les bâtiments du Parlement européen. Pourtant quand vous demandez aux personnes qui sont là si elles sont déjà allées faire un tour place du Luxembourg, la réponse est toujours la même : "Oh làlà, non, oui c'est juste à côté mais à cause de mon boulot je suis tout le temps occupée; je n'ai pas le temps d'y arriver.  C'est un autre monde, je suppose.  Mais en tant que quartier européen je pense que c'est autre chose que ici, le quartier porte de Namur, le quartier africain."

et un autre passant de confirmer en rigolant : "Non, je ne connais même pas cette rue, non je ne sais..."

Alors pour faciliter les échanges, entre les deux quartiers, plusieurs associations ont eu l'idée de lancer le festival Matongé-Europe, une manifestation qui mêle parade métissée, concerts ou forum de discussions sur les deux territoires ou encore un parcours artistique qui mène les visiteurs dans des lieux insolites de Matongé ou du quartier européen, ou encore un tournoi de foot sur le parvis du Parlement européen. L'objectif est clair, faire se rencontrer des populations qui ne se connaissent pas vraiment. Pierre Larosa est le directeur artistique du festival: " Il y a 33 lieux disséminés dans les deux quartiers dans lesquels des artistes proposent des œuvres.  Ce sont surtout des photographies.  Inscrites sur les vitrines et donc ça permet aux passants de voir ces œuvres.  L'idée est de donner l’opportunité de dépasser ces fameuses frontières dont on parle dans le festival, de s’arrêter aussi.  Par exemple il y a le cas de la personne qui travaille dans le quartier européen, juste rue du Trône et puis qui passe place Boniface et ils sont nombreux parmi ceux-là à ne pas s'arrêter au milieu du parcours à Matongé.  Donc c'est d'une part dépasser les frontières, et d'autre part savoir s'arrêter aussi en territoire inconnu."

Un parcours qui passe par cette boutique de postiches, au milieu des perruques africaines...  Trois photographies interpellent les clients, Bari Lamine, propriétaire du magasin. "Ca fait un effet très joli.  Je sais pas...  C'est vraiment nouveau et les gens regardent et te posent des questions"

A quelques mètres centaines de mètres de là, dans l'ancienne gare du quartier Léopold, aujourd’hui bâtiment officiel du parlement européen, d’autres photographies sont exposées, avec la même idée d'échange de cultures, un point qui tient particulièrement à cœur de Sherpa Devat, il est responsable du bureau d'information du parlement européen à Bruxelles : " C'est très important pour nous parce que c'est endroit s'appelle quartier Léopold. C'est un grand endroit avec les bâtiments qui sont un peu invasifs vis-à-vis des citoyens et il n'y a pas beaucoup de liens avec les communautés autour de ce quartier Léopold. Ca nous intéresse de trouver des liens entre les différentes communautés autour de ce quartier.  J’habite à Matongé et je suis ravi de vivre ici.  C'est une manière de vivre tout à fait différente. Ici on vit avec les citoyens dans la rue avec une convivialité et un sens de la joie et de vivre tout à fait extraordinaire.  Et je voudrais faire un lien avec cette manière de vivre."

Ces cinq jours de festival ne vont pas brutalement changer les habitudes des populations des deux quartiers. Un festival modeste - ce n'était pas la grande foule au passage de la parade place du Luxembourg - mais cette première édition a le mérite de faire travailler ensemble une grosse centaine de citoyens de deux quartiers qui jusque-là s'ignoraient. Au programme du festival ce soir, un tournoi de foot sur l'esplanade du Parlement européen. Il y aura aussi un bal moderne organisé samedi après midi place de Londres.  Pour entrer dans l'ancienne gare du Quartier Léopold, il fallait montrer patte blanche à l'entrée mais c'est un premier pas et surtout une belle mise en musique du slogan de l'UE: Unis dans la diversité.

Olivier Hanrion

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