Faute d'être entendus, les gens du voyage menacent de bloquer les routes

Les gens du voyage: un monde mal connu, mal compris... et qui effraie certains.
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Les gens du voyage: un monde mal connu, mal compris... et qui effraie certains. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

"Si on refuse de nous accorder plus de terrains d'accueil, nous bloquerons les autoroutes" a déclaré Manuel Charpentier, le porte-parole belge des gens du voyage.

Interrogé à l'occasion d'une nouvelle polémique sur un terrain d'accueil provisoire, à Perwez, l'homme durcit le ton. "Les communes et la Région doivent trouver une solution structurelle avant la fin de l'année. Car nous sommes des citoyens belges qui méritons d'être entendus". Il regrette que le monde du voyage soit un peuple mal connu et mal compris: "lorsque des caravanes viennent dans une commune, les gens doivent venir (nous voir : ndlr) . Tout ce que nous demandons est que chaque commune puisse prendre en considérations les gens du voyage. J’avais déjà bloqué les accès des autoroutes à Nivelles avec 100 à 150 caravanes. Notre vie n’est pas une vie facile. Nous avons tout essayé, en vain. Si rien ne se passe, faut-il passer à la violence en manifestant. Nous avons essayé toutes les solutions pacifiques, mais je m’aperçois que c’est la société qui nous rejette". Les chiffres parlent d’eux-mêmes: la Région wallonne compte au total 11 sites d'accueil. 

Les riverains sont inquiets

Du côté des habitants de Perwez, c’est l’inquiétude qui s’exprime alors que près de 15 caravanes de gens du voyage sont attendues dans la journée, sur un terrain communal. Le bourgmestre faisant fonction, Carl Cambron, a donné son feu vert pour l'accueil de familles belges et françaises. Un accueil qui durerait de 2 à 3 semaines. Carl Cambron a prévenu les riverains proches du site et tenté de rassurer les habitants inquiets. Certains menacent pourtant de déposer plainte à la Région wallonne. Leur argument est que l'installation de caravanes sur le terrain en question serait illégale

Ce qui nous inquiète, c’est le bruit et le vol

"Ce terrain communal est en zone agricole", disent certains riverains qui évoquent le CoDT, le Code de Développement Territorial. "Le site comporte un périmètre de protection d'intérêt paysager. Autoriser des caravanes est donc une infraction", estiment certains voisins: "Le CoDT indique que ce terrain ne peut pas être utilisé pour installer un camping provisoire ou définitif".

Derrière cet argument se cachent d'autres craintes récurrentes: "Ce qui nous inquiète, c’est le bruit et le vol" dit un riverain.

Bien que provisoire, le terrain proposé fait déjà polémique: "Dans un mois il y aura un deuxième groupe et ainsi de suite. Nous souhaitons des clarifications communales ".

Peu de monde se presse à la porte pour faire le boulot, alors je prends mes responsabilités

Le bourgmestre faisant fonction, Carl Cambron se retrouve ainsi pris entre deux feux : "Très peu de communes sont aidées. La Région wallonne et les provinces ne se mouillent pas non plus. Peu de monde se presse à la porte pour faire le boulot alors je prends mes responsabilités. "

Quant à Manuel (alias Etienne) Charpentier, porte-parole belge des gens du voyage, il constate que l’on ne voit pas assez de terrains concrets se construire pour accueillir les gens du voyage. Des gens qui souhaitent, aussi, être mieux compris.

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