Faut-il inscrire le "féminicide" dans le Code pénal ?

Stéphanie Wattier, professeure à la Faculté de droit de l'UNamur
Stéphanie Wattier, professeure à la Faculté de droit de l'UNamur - © UNamur

En Belgique, le terme féminicide, qui signifie "assassiner une femme parce que c’est une femme", n’est pas inscrit dans le Code pénal. Pour ceux qui s’y opposent, introduire une telle notion serait une discrimination. Pour d’autres, c’est une nécessité.

C’est d’ailleurs l’avis de Stéphanie Wattier, professeure à la Faculté de droit de l’UNamur. En ce 25 novembre, journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, elle estime que cette reconnaissance serait utile à plus d’un titre. "Je sais que c’est un terme qui fait débat, parce qu’il y a toute la question de l’égalité. Le féminicide fait référence au fait de tuer une femme parce que c’est une femme, mais je pense qu’ici on dépasse le champ du droit… Reconnaître une infraction comme le féminicide c’est la faire exister".

Celle qui publie aujourd’hui une carte blanche sur la question sur le site du Soir estime que c’est une façon de mettre en avant un phénomène de société. "Dans la quasi-totalité des cas de conflit conjugal ou une agression avec un homme et une femme, c’est malheureusement la femme qui finit par décéder, les chiffres sont assez clairs sur ce point".


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Faire exister le terme "féminicide" dans le Code pénal lui donnerait une réalité, dans la prévention comme pour la répression. "Un féminicide c’est un meurtre, un assassinat. On est au niveau de l’infraction la plus grave, la plus punie par le Code pénal. Il ne s’agit pas d’aggraver les choses, mais d’agir à tous les instants du problème, tant en amont qu’en aval, en essayant de l’éviter avec des personnes mieux formées sur le terrain, ou en punissant adéquatement l’auteur des faits".

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la séquence de ce mercredi matin sur Vivacité Namur.


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Pourquoi la journée contre les violences faites aux femmes à lieu le 25 novembre

Pourquoi avoir choisi cette date du 25 novembre comme la date symbolique de la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes ? Il faut remonter à 1960. En République Dominicaine, trois sœurs, les sœurs Mirabel sont assassinées sur ordre du dictateur en place, Rafael Trujillo. Leur crime ? Avoir ouvertement critiqué contre le leader et milité à son encontre.

A la suite de cet événement, les activistes vont se mobiliser et faire de cette date du 25 novembre. En 1993, ce sont finalement les Nations-Unies qui reconnaissent cette date comme étant celle de la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes.

Pour Stéphanie Wattier, c’est la preuve de l’importance du militantisme et de l’activisme. "Tout ce qui se passe sur le terrain important, c’est ça qui a conduit les Nations unies à reconnaître cette date".

 

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