Faire son shopping en 30 minutes à l'heure du déconfinement : les conseils de deux experts

Les commerces non-essentiels, comme les boutiques de vêtements et de chaussures, rouvriront leurs portes le lundi 11 mai. C’est la confirmation apportée mercredi après-midi par la Première ministre Sophie Wilmès (MR), à l’issue d’un nouveau Conseil National de Sécurité autour de la crise du coronavirus et du déconfinement phasé du pays.

Mais comment effectuer son shopping compte-tenu des conditions désormais imposées ? Principales conditions : respect de la distance sociale, port du masque recommandé et pas plus de 30 minutes dans un magasin ! Un temps court qui tranche avec les largesses que s’autorisaient les clients avant le confinement. Le SPF a d’ailleurs publié un guide à l’attention des gérants de commerces.

Nous avons toutefois demandé l’avis de deux "personal shoppers", des coaches en achats de mode. Repris par Visit.Brussels, l’office régional bruxellois du tourisme, Alexandra Bedoret et Elias Papoudaris nous livrent leurs conseils avisés pour allier efficacité dans ses achats et respect des règles imposées par le contexte sanitaire.

  • Aller à l’essentiel

Les deux s’accordent à dire que les "habitudes vont devoir changer". "On doit savoir ce qu’on veut" avant de se lancer à l’assaut des boutiques : c’est ce que préconise Elias Papoudaris. Sur place, "on rentre et on va à l’essentiel". Alexandra Bedoret propose de "réaliser une liste" s’il s’avère que plusieurs achats doivent être effectués.

  • Le repérage sur Internet

Pour beaucoup, un shopping dont la durée est limitée à 30 minutes par magasin, ce n’est pas assez. Mais il y a peut-être moyen de faire autrement et Internet peut venir en aide. Effectuer un repérage en ligne, "une piste", avance Elias Papoudaris. "Le digital a pris le dessus pendant le confinement. Il est clairement entré dans les mœurs." Consulter la collection sur le site de votre boutique préférée et faire son choix depuis la maison est une solution si on tient impérativement à essayer ensuite avant d’acheter.

Autre possibilité : passer un coup de fil au commerce en question pour être certain que l’article recherché est disponible en rayon ou en stock. "Ou dans quel magasin il est disponible." En fonction de l’affluence et des impératifs du moment, le vendeur ou la vendeuse pourra prendre le temps de répondre à l’appel et effectuer la recherche.

  • En cabine d’essayage

Pour Alexandra Bedoret, même si les boutiques, grandes chaînes comme indépendants, mettront en place des mesures particulières dans les cabines d’essayage, "l’heure n’est pas à l’égoïsme, le moment nous impose de réfléchir aussi à l’autre". "On agit avec un peu de bon sens : on n’entre pas dans une cabine avec dix articles à essayer." On évite ainsi de rester trop longtemps dans la surface commerciale ou encore de contaminer la cabine et des quantités de vêtements si on est atteint du Covid-19 mais asymptomatique.

  • Politique d’échange

Les boutiques mettent en place des politiques d’échange : entre deux et quatre semaines dans la plupart des cas. Idéal pour celles et ceux qui ne veulent pas s’éterniser dans une cabine d’essayage par crainte d’une éventuelle contamination. L’essayage se fera alors à la maison. "Si la taille ne convient pas, l’article sera alors échangé en magasin", explique Elias Papoudaris.

Alexandre Bedoret pointe un bémol : "Au final, ce sera un deuxième passage en magasin, un deuxième déplacement… Ce n’est pas l’idéal" alors que les autorités demandent d’éviter les déplacements non-essentiels. "Si on connaît sa taille, on essaie rapidement, en respectant les consignes."

  • Acheter pour son enfant

Alexandra Bedoret est maman d’un très jeune enfant, "qui grandit très vite". Le confinement l’a amenée à acheter des articles textile essentiels en grande surface. Lundi, avec la réouverture des commerces spécialisés en habillement pour enfants, elle préconise tout d’abord de s’y rendre seul, "quand cela est possible. Les enfants peuvent être des porteurs sains. Il faut donc protéger les autres. Dans le cas contraire, si on a peur de se tromper dans les tailles, on en achètera plusieurs qu’on fera alors essayer à la maison, toujours si on ne sait pas faire autrement."

Mais LA solution selon elle, quand il s’agit de tout petits, "c’est d’acheter une taille au-dessus. On est alors certain de ne jamais se tromper. Le vêtement pourra servir tout de suite et pour plus tard. C’est une évidence pour beaucoup de parents mais il faut le rappeler."

Elias Papoudaris tient toutefois à rappeler la règle des 30 minutes. "Elle vaut pour tout le monde, adultes et enfants. On ne prendra plus le temps de flâner. Même si, il faut le reconnaître, les gens ont appris à être disciplinés depuis le début du confinement."

Alexandre Bedoret conseille enfin, pour habiller les plus jeunes à moindre coût en limitant les contacts, de se tourner vers Internet. "Sur les réseaux sociaux, il est possible de trouver des personnes qui habitent la même ville voire le même quartier qui vendent ou donnent des vêtements pour enfants. Ces habits sont souvent déjà triés par tailles et la remise se fait dans le respect des règles de distance sociale." L’acquéreur aura alors le loisir de laver les vêtements (à plus de 60 degrés) avant de les ranger.

  • Le chronomètre

Chronométrer son temps de présence dans un magasin : Alexandra Bedoret n’est pas pour. "Ce serait excessif. Nous sommes tous responsables et capables de se rendre compte quand l’achat commence à durer un peu trop longtemps et dépasse les 30 minutes. Chacun doit faire preuve de bon sens." Dans les grandes surfaces, qui n’ont pas fermé avec le confinement, des messages sont diffusés rappelant la nécessité de ne pas traîner dans les rayons. "Le Belge a parfaitement intégré ces messages."

Elias Papoudaris est à l’inverse favorable à la mise en place de jeton ou d’un ticket reprenant l’heure d’entrée et l’heure de sortie prévue, dans l’idée de rappeler les personnes à l’ordre. "Nos habitudes ont changé avec cette crise. Il y a un avant et un après coronavirus."

  • Chaussures

Se tromper de taille pour une paire de chaussures est plus délicat. L’essayage demeure essentiel pour beaucoup, "surtout quand on a une morphologie de pied particulière". Le souci, c’est la politique d’échange. "Le magasin peut rapidement constater une première usure, un léger port." Le risque de ne pas pouvoir être remboursé ou de bénéficier d’un échange est grand. "Je préconise alors de les rendre rapidement, de ne pas traîner." Ou on procède à un essayage rapide dans le magasin : deux paires grand maximum!

  • L’option durable

Alexandra Bedoret est "personal shoppeuse" spécialisée dans le durable. "Avec la crise du coronavirus, avec le confinement, les achats se font de manière plus raisonnée. Aujourd’hui, on sait ce qu’on achète. L’achat devient utile, raisonné et indispensable. Cela va donc nous faire réfléchir aussi sur la valeur éthique d’un produit et au fait de se détourner quelque peu de la production de masse. Dès lors, j’espère qu’à partir du 11 mai, les gens se tourneront d’abord vers des magasins qui produisent de manière raisonnée et réfléchie."

  • Avec ou sans masque

Le port du masque n’est pas imposé mais recommandé dans les commerces : c’est ce qu’a bien indiqué mercredi la Première ministre Sophie Wilmès. Nos deux "personal shoppers" insistent malgré tout : "Shopping avec masque". "Malade ou pas", indique Alexandra Bedoret. "Masqué et ganté", pour Elias Papoudaris.

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