Face aux AVC: la "télémédecine" dans l'ambulance

Un écran situé face au patient permet au neurologue de s'adresser à lui et d'évaluer son état
Un écran situé face au patient permet au neurologue de s'adresser à lui et d'évaluer son état - © RTBF

L'UZ Brussel, hôpital universitaire de la VUB, mène une expérience pilote: l'une de ses ambulances dispose d'une connexion à la 4G, l'internet rapide, ainsi qu'un écran à Webcam. L'installation permet de réagir plus vite face à un AVC, un "accident vasculaire cérébral". Un neurologue peut observer le patient, à distance, et dresser un premier diagnostic. Un diagnostic avant même l'arrivée à l'hôpital, pour gagner un temps précieux.

Depuis trois mois, une ambulance de l'UZ Brussel circule avec, à son bord, un ordinateur à Webcam connecté à internet. Une connexion rapide et de bonne qualité, via la 4G. Elle permet de diagnostiquer plus rapidement un AVC, et donc d'y réagir plus vite aussi et d'en limiter parfois les séquelles.

Concrètement la personne victime d'un accident cérébral est face à un écran, dans l'ambulance. Un neurologue de garde, contacté là où il se trouve, apparait à l'écran et démarre une conversation de type "skype". "Monsieur/madame, pouvez-vous me dire quel jour on est? Pouvez-vous regarder à gauche sans tourner la tête?"

Au fil de ses questions et des réactions de la personne, le neurologue détermine la gravité de l'état du patient et pose un premier diagnostic, avant même l'arrivée à l'hôpital. "Dès que ce diagnostic est posé dans l'ambulance" explique le chef du service des urgences Ives Hubloue, "on peut tout de suite enclencher une 'chaîne' à l'intérieur de l'hôpital pour libérer le scanner, pour préparer déjà le traitement en attendant que le patient arrive... donc c'est un gain de temps énorme". Un gain de temps qui peut atteindre vingt minutes, estime l'urgentiste.

"Time is brain"

"Les spécialistes de l'AVC disent parfois 'Time is Brain', explique Ives Hubloue, "face à un AVC chaque minute compte". Parce que lors d'un Accident Vasculaire Cérébral, quand un vaisseau sanguin se bouche ou se rompt, certaines cellules du cerveau ne sont plus bien irriguées: "on perd des cellules neurologiques qui ne sont pas récupérables, donc plus vite on agit, mieux c'est. Agir vite permet de limiter les séquelles". Un AVC peut entraîner la mort ou des handicaps très lourds.

Des séquelles moins lourdes

Les équipes de neurologie et des urgences de l'UZ Brussel ne disposent pas encore de statistiques de leurs résultats après 3 mois d'expérience pilote. "Tout cela doit encore être étudié de façon plus approfondie" explique Raf Brouns, chef du service de neurologie, "mais nous constatons que ces communications fonctionnent bien, que la connexion par la 4G est stable et de qualité suffisante pour une image et un son sans coupures, et que nous parvenons à être plus rapides."

Raf Brouns veut donc poursuivre ce projet pilote et souhaiterait le voir s'étendre à d'autres hôpitaux, "parce que les AVC sont fréquents: 27 mille cas par an en Belgique, cela fait 60 à 75 par jour".

Le coût de l'installation

Tout compris, cette installation coûte moins de 25 mille euros, explique Raf Brouns, "mais elle permet d'éviter des handicaps aux coûts humain et financier très élevés pour la société". Le neurologue évalue le coût des AVC et de leurs conséquences à 300 millions d'euros par an pour la société belge.

A l'avenir, les médecins de l'UZ Brussel aimeraient également étendre ces diagnostics spécialisés, réalisés en plein trajet, à certaines autres urgences, des urgences cardiaques par exemple.

M.Baele

 

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