Fabrice Bureau (ULiège) : "Les chercheurs ont envoyé des dizaines de milliers de masques au CHU"

Fabrice Bureau, vice-recteur de l'ULg : "Ce n'était pas une réquisition"
Fabrice Bureau, vice-recteur de l'ULg : "Ce n'était pas une réquisition" - © Michel Houet

"C’est un formidable élan de solidarité, se réjouit le vice-recteur à la recherche Fabrice Bureau. Rien que la faculté de médecine vétérinaire a fourni 17.000 masques de protection au CHU. En tout, ce sont des dizaines de milliers de masques qui ont ainsi été récupérés dans les laboratoires de recherche, aux quatre coins de l’université."

Le mouvement est parti du grand laboratoire de recherche biomédicale de l’ULiège, le Giga, qui occupe une des cinq tours du CHU. Les 600 chercheurs du Giga sont de gros utilisateurs de matériel de protection, comme des masques mais aussi des tabliers, des gants, des lunettes, etc. Et rapidement, l’idée a essaimé dans toute l’université, jusqu’à Gembloux Agro-bio tech. Ce vendredi matin, le professeur Philippe Jacques, président du laboratoire Terra a Gembloux, terminait d’empaqueter du matériel destiné au CHU de Liège. "Il y a du matériel de protection et des désinfectants, explique Philippe Jacques, mais aussi des réactifs qui sont nécessaires aux tests de dépistage du virus Covid-19."

Ce n’est pas une réquisition

"Il ne s’agit pas d’une réquisition, insiste Fabrice Bureau. Tous les laboratoires ont réagi spontanément. On a senti une grosse envie de participer à la mobilisation, et d’aider le personnel médical qui est sur le front, dans l’hôpital."

Pour ce qui concerne les masques, cette opération de solidarité interne à l’université de Liège a permis d’éviter une rupture de stocks ces derniers jours, même si le personnel médical du CHU vit à l’heure du rationnement comme tous les autres hôpitaux du pays. "Cela nous a permis de faire le pont avant l’arrivée des 5 millions de masques livrés cette semaine par la Chine, estime F Bureau.

Sur le front du dépistage de la maladie, le CHU de Liège se mobilise également. On sait que la capacité actuelle de la Belgique, entre 1000 et 2000 tests par jour, est trop faible. Il faudrait en faire au moins le double. L’université de Namur a développé une méthode qui, moyennant un énorme investissement en main-d’œuvre (25 chercheurs mobilisés 7 jours sur 7), permet d’augmenter le nombre de tests de 480 unités par jour. "Le CHU de Liège termine l’installation d’un nouveau robot, explique F Bureau, qui va permettre de réaliser 800 tests en plus par jour. Et nos chercheurs planchent sur une autre méthode qui permettrait d’en réaliser 2000 à 3000 en plus, mais il leur faut encore quelques jours pour terminer la mise au point, avant de solliciter un agrément par l’Agence fédérale du médicament."

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK