Exode urbain: 72 350 Bruxellois ont quitté leur ville pour la périphérie flamande

L’ "exode" a ralenti dans les années 80 mais a repris de plus belle depuis quelques années.
L’ "exode" a ralenti dans les années 80 mais a repris de plus belle depuis quelques années. - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

Plus de 72 000 départs en cinq ans, c'est beaucoup... Même si ce n'est pas vraiment une nouveauté. Depuis les années 50, il y a toujours eu des Bruxellois qui choisissaient de quitter la ville pour s'installer au vert, à Linkebeek ou Wezembeek Oppem. Ce mouvement s'était ralenti à partir de 1980 mais depuis quelques années, les départs vers la périphérie flamande sont à nouveau très nombreux. C'est ce que révèle une étude réalisée par la province du Brabant flamand.

Clairement, c'est pour un cadre de vie plus agréable, un jardin... mais c'est aussi à cause du prix des maisons à Bruxelles. C'est notamment le cas pour une commune comme Vilvoorde. Jusqu'ici, elle a plutôt été épargnée par la flambée des prix.

Les gens qui partent sont surtout les jeunes couples avec enfants. Ils appartiennent à ce qu'on appelle "la classe moyenne". Et ce que nous apprend l'étude, c'est que la moitié d'entre-eux sont d'origine étrangère. Il y a des Eurocrates, bien sûr, mais pas seulement.

Gardent-ils pour autant des liens avec Bruxelles? La réponse est : oui, ils y travaillent, et leurs enfants y vont souvent à la crèche ou à l'école. Ainsi, il y aurait 25 000 enfants du Brabant flamand qui vont en classe à Bruxelles. Ce qui pose évidemment des problèmes pour les finances bruxelloises, puisqu'ils occupent des places dans les écoles ou dans les crèches, alors que les parents paient leurs impôts en Flandre.

Mais s’il y a des Bruxellois qui partent, il y a peut-être des "Brabançons flamands" qui viennent s'installer à Bruxelles ? Là-aussi, la réponse est affirmative, mais ils sont nettement moins nombreux à faire la démarche inverse. Pour deux qui partent, il y en a un qui arrive. Et le profil n’est pas le même non plus. Celui qui arrive est souvent un jeune, qui vient à Bruxelles pour trouver de l’emploi.

Et ce déséquilibre explique pourquoi cet exode démographique ne pourra pas être ignoré par le prochain gouvernement bruxellois.

Hélène Maquet

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